Grâce aux efforts entrepris dans le cadre de la Commission Justice et Vérité, Yolande Chantale César a enfin pris possession d’un terrain acheté par son ancêtre, Pierre Spéville, un « créole libre », après l’abolition de l’esclavage.
La Commission Justice et Vérité avait siégé entre mars 2009 et novembre 2012, sous la présidence du Pr Alex Borain. Elle avait été invitée à se pencher sur les imbroglios se rapportant à un cas de litige autour d’un terrain d’une superficie de 490 arpents situé à Cotteau-Raffin, au Morne. Lors de l’enquête sur ce dossier – « The Spéville Case » –, une vingtaine de personnes, allant des héritiers en passant par ceux qui revendiquaient ces terres, des notaires, des avoués, des arpenteurs, des représentants du District Council de Rivière-Noire, du Registrar des Compagnies et des banques, avaient été convoqués devant la commission pour apporter plus de lumière sur cette affaire.
Cette affaire est d’ailleurs évoquée dans le rapport de la commission. Elle souligne : « The Spéville Case, although a time-consuming dossier, has been one of the most challenging. Searches all along these last few months revealed how the mechanism of fraud can work at all levels of the Mauritian society; it is neither a question of race or colour. It is only a question of the colour of the currency and the amount it involves. »
Jacques David cite un extrait recueilli des documents gardés aux archives affirmant que « ledit Pierre Spéville avait acquis les 490 A du sieur Joseph Lousteau suivant contrat passé devant Me Guérin, vivant notaire en cette île, et son collègue le 16 septembre 1820, enregistré le 23 ». Il se réjouit qu’après « quelque 195 années de lutte, de persévérance et de recherches, et entraînant la mort de nombreux héritiers, la Cour suprême a donné son verdict en faveur de ces derniers, qui viennent tout juste de prendre possession des biens de leurs ancêtres ».
Dans un jugement rendu en mars 2014, la Cour suprême retrace les circonstances dans lesquelles  Pierre Spéville avait fait l’acquisition de 490 arpents de terres. En fait, c’est Marie Yolande Andrea César, « only natural acknowledge heir and party » de Pierre Spéville, qui avait initié les démarches devant la commission. Toutefois, elle est décédée en septembre 2011 et laisse une « only natural acknowledge daughter, Marie Yolande Chantal Cesar », comme seule personne habilitée à « apprehend her who estate and succession ». Par ailleurs, ce terrain a fait l’objet d’un conflit opposant Yolande Chantale César à un certain S. Choolun. L’affaire a été portée devant la division médiation de la Cour suprême, qui a permis aux deux parties d’arriver à un accord aux termes desquelles elles ont obtenu les droits de copropriété sur le terrain. Aucune des deux parties ne peut disposer de sa part sans l’accord de l’autre.
Des travaux de nettoyage ont été entrepris sur le terrain. Aucune des deux parties n’a jusqu’ici pris une décision sur la suite à donner à ce terrain.