La première réunion du comité tripartite portant sur le paiement de la compensation salariale s’est tenue hier après-midi. Les échanges gravitaient autour du taux d’inflation, avec le chiffre de 3,6% soumis par Statistics Mauritius. À l’issue de la réunion qui s’est déroulée pendant presque deux heures, le ministre du Travail Soodesh Callichurn a laissé entendre qu’une rencontre, présidée par le Premier ministre, Pravind Jugnauth, devra se tenir mercredi. N’empêche qu’il s’est dit satisfait de cette première prise de contact.
« C’était un comité technique pour éplucher les chiffres. Aucun montant n’a été avancé à ce stade » a-t-il indiqué.
Pour sa part, Raj Makoond, Chief Executive Officer de Business Mauritius, a avancé que « le comité technique a agi comme plateforme réunissant les parties prenantes afin d’optimiser la croissance économique et de maintenir la paix sociale ». Et d’affirmer: « Le Bureau des statistiques a soumis des analyses et au niveau de Business Mauritius, on a saisi l’occasion de réitérer la nécessité de revoir le mécanisme du Wage Determination avec les nouveaux contextes. Pour nous, le dialogue est important. » Avant de souligner qu’il attend désormais les résultats du comité technique sur le taux d’inflation.
Quant au président de la Fédération des syndicats de la fonction publique, Rashid Imrith, il a affirmé que le paiement de la compensation salariale « relève d’une décision politique et non pas académique prise par les fonctionnaires ». « Le pays est en manque d’un Feel Good Factor » a-t-il mis en exergue. Le syndicaliste est d’avis que la compensation salariale pour ceux au bas de l’échelle doit être supérieure à celle destinée à ceux qui touchent plus.
Du côté des syndicalistes, Reeaz Chuttoo, porte-parole de la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé, admet que les syndicalistes ne se sont pas encore concertés. « Nous allons faire notre proposition à l’issue de la réunion du National Wage Consultative Council. Notre proposition sera basée sur l’Average Household Expenditure », a-t-il soutenu. De son côté, Ashok Subron, a souligné que « la famille mauricienne a perdu pas moins de Rs 1000 en termes de pouvoir d’achat et d’augmentation du coût de la vie. Nous attendons les chiffres officiels pour connaître le quantum de perte par famille. Nous attendons une compensation adéquate pour tous les Mauriciens. Nous réclamons des informations sur les salaires des employés mauriciens et étrangers et nous exigeons des éclairages sur le secteur Offshore et les corporate taxes ». Ce n’est qu’à la lumière de ces informations, a laissé entendre Ashok Subron, qu’on saura si les Mauriciens sont « sous-payés ».