CONCERT - BARBARA HENDRICKS AU SVICC LE 10 NOVEMBRE : Le blues d’une cantatrice

Le concert de Barbara Hendricks est prévu le vendredi 10 novembre à 19 h 30 au SVICC à Pailles. Un concert qui s’inscrit dans le cadre des célébrations du cinquantenaire de l’indépendance du pays. Un voyage au cœur du delta du Mississippi, sur la trace des grands bluesmen.

Une première partie assurée par Véronique Zuël et Eric Triton accompagnés de Dean Nookadu présentant trois nouvelles compositions, donne une mesure de l’envergure de Barbara Hendricks. La cantatrice a ajouté le jazz à son répertoire et depuis est reconnue comme une des artistes les plus actives de sa génération. Cette Américaine d’origine s’est distinguée comme une interprète majeure et undéfenseur de la musique française, allemande et scandinave.

La soprano, née le 20 novembre 1946 en Arkansas (USA), chante des negro-spirituals dans l’église de son père, pasteur. Elle fait ses débuts sur les scènes d’opéra en 1974, à l’Opéra de San Francisco et au Festival de Glyndebourne. Elle débute en récital la même année, à l’Hôtel de Ville de New York. Sa carrière et l’art de Barbara Hendricks n’ont cessé de progresser, et elle est devenue l’une des artistes les plus aimées et admirées au monde.

Elle revient aux sources en chantant le blues. Cette musique enracinée dans les communautés noires du sud des États-Unis puise ses racines auprès des esclaves dans des plantations de coton. Elle emprunte aussi des traditions orales d’Afrique de l’Ouest.

Barbara Hendricks fera voyager à travers le delta du Mississippi et fera découvrir la diversité des thèmes portés par le blues : d’une expression poignante de la détresse humaine avec des chansons comme Dinks Blues ou le Cross Road Blues de Robert Johnson, jusqu’à l’aspect politique du blues – et son lien important avec la lutte pour les droits civiques aux États-Unis menée par Martin Luther King – avec Strange Fruit, Down In Mississippi et I Wish I Knew How It Would Feel To Be Free de Nina Simone.

La voix de Barbara Hendricks mûrit et s’enrichit de magnifiques couleurs. Accompagnée des musiciens et complices avec qui elle tourne depuis des années, la variété de ses timbres rend ce répertoire fascinant. Blues Everywhere I Go est un voyage au cœur du delta du Mississippi. « Le blues est né dans les plantations au cœur du delta du Mississippi. Il raconte la vie des anciens esclaves : l’oppression, la violence, l’injustice des lois ségrégationnistes. Le blues, qui a ses racines en Afrique, est ma musique. Et comme chaque être humain a ses racines en Afrique, comme le monde entier est finalement africain, le blues est notre patrimoine à tous. »

Billets en vente entre Rs 200 et Rs 2000 chez Otayo (466 9999)


Barbara Hendricks

Séga/blues : “Nous avons les mêmes racines”

Arrivée à Maurice lundi, Barbara Hendricks ne cache pas sa joie de fouler le sol mauricien. “Je connais très bien Maurice pour être venue en vacances à quatre reprises. Mais c’est la première fois que je donne un concert. Il n’y a rien de mieux que d’aller à la rencontre d’un nouveau public car j’aime partager et je n’ai aucun doute que quelque chose se passera lors de cette soirée. Je remercie Madame la présidente de Maurice de m’avoir invitée à marquer les 50 ans d’Indépendance de votre île, un événement très important pour les citoyens. C’est un honneur pour moi et mes musiciens d’être des vôtres”. Ce sont les premiers mots qu’elle a confiés à Scope.

En attendant de la retrouver sur la scène du J & J Auditorium le vendredi 10 novembre, Barbara Hendricks, connue comme une des récitalistes les plus actives de sa génération, nous raconte brièvement sa passion pour la musique. “J’ai la chance d’avoir une bonne santé, de bons gènes et depuis que cette passion est née alors que je n’avais que 4 ans, rien n’a changé si ce n’est que j’ai suivi l’évolution en travaillant dur et effectuant de nombreuses années de recherche. J’essais aussi de tout faire avec amour comme m’engager au niveau humanitaire pour la justice et contre l’injustice.”

Selon cette Américaine née en Arkansas, “nous devons être soi-même, être purs, vrais et sincères au service de la musique”. Pendant plus de 25 ans, Barbara Hendricks a évolué dans le jazz. Puis, nous précise-t-elle, “le jazz m’a emmené vers le blues. Un univers qui reflète parfaitement mes racines de gospel africain. Une musique universelle qui parle au cœur.” D’ailleurs, Barbara Hendricks espère avoir l’occasion de mieux connaître le séga qui comme le blues a été inventé par les esclaves.“Nous avons tous les mêmes racines. Il ne faut jamais l’oublier. Au contraire, chaque humain est ici sur terre pour évoluer et laisser une trace de nous. Le séga, même si j’en ai juste entendu parler un peu, a définitivement le mérite d’être connu et reconnu. Tout comme j’aime le partage, j’aime aussi en apprendre des autres.”