Le groupe Currimjee Jeewanjee devra encore attendre avant le premier coup de pioche pour la construction de son hôtel Le Chaland Ressort à La Cambuse. En vue de l’impact potentiellement irréversible sur l’environnement, le 2 décembre, la vice-présidente de l’Environment and Land Use Appeal Tribunal (ELUAT), J. Ramful-Jhowry, a étendu jusqu’au 30 décembre le Stop Order émis il y a deux semaines, suivant une demande d’injonction déposée par le Forum Citoyens Libres (FCL).
Les promoteurs ayant soulevé un point de droit pour contester le Stop Order, l’affaire sera débattue le 30 décembre. Entre-temps, c’est une nouvelle polémique qui enfle sur la plage de La Cambuse. Le FCL dit noter « une grave entorse » concernant la licence Environment Impact Assessment (EIA) du groupe Currimjee pour ce projet. Selon Georges Ah Yan, « en dépit des conditions rattachées au lease de Currimjee sur ce terrain de La Cambuse, les promoteurs n’auraient pas produit a fresh EIA Licence auprès du District Council ».
Le représentant du FCL, Georges Ah Yan, compte effectuer une déposition à l’ICAC et au CCID cette semaine contre ce qu’il appelle « la malhonnêteté des promoteurs du Chaland Resort. Il est stipulé clairement dans ce lease obtenu en juin 2015, qu’une des conditions spéciales à respecter est de soumettre un fresh EIA Licence avant le début des travaux qui nécessitent l’aval du Conseil de district. Leur EIA datant de 2013, un an et demi après, ils auraient dû en faire une nouvelle demande auprès du ministère de l’Environnement et la soumettre au district council. Chose qui n’a pas été faite, nous sommes convaincus ». Il déplore que le conseil de district de Savanne, qui a donné le Land & Building Permit au groupe Currimjee en août 2015, n’a pas pris cet élément en considération.
Sollicités, les promoteurs rappellent avoir obtenu une première licence EIA en décembre 2009 et une seconde en janvier 2013. Ils estiment ainsi que référence est ici faite à la deuxième EIA Licence, qui a été dûment produite devant les autorités.
 Parallèlement, les travaux de construction du poste de la National Coast Guard (NCG) suscite une nouvelle controverse. Le FCL crie en effet à l’outrage au tribunal, le groupe Currimjee allant, selon lui, contre l’ordre de l’ELUAT. « Il s’agit là d’une violation du Stop Order », dit Georges Ah Yan, qui s’insurge que les policiers n’ont pris aucune action malgré sa mise en garde.
Mais les promoteurs soutiennent pour leur part que ces travaux ne font pas partie de la construction de l’hôtel qui n’a, elle, pas encore démarré. « Les travaux en cours touchent à la construction d’un poste de la NCG qui est situé sur une State Land et non sur le site de l’hôtel », disent-ils. Il insistent qu’ils détiennent tous les permis nécessaires pour la construction de ce bâtiment sur la plage. Permis délivré par les Infrastructures publiques, précisent les promoteurs, soutenant qu’ils n’enfreignent pas la loi. D’où l’affidavit déposé expliquant que les travaux entrepris concernent le poste de la NCG et non l’hôtel Le Chaland Resort.
 Argument que rejette Georges Ah Yan, qui fait ressortir que le plan de construction de l’hôtel comprend la construction de la nouvelle route d’accès à La Cambuse et celle du nouveau poste des garde-côtes, aussi bien que de nouvelles toilettes publiques que le groupe Currimjee a dit faire partie des nouvelles aménités qu’il compte apporter sur cette plage pour la rehausser.
Dans cette optique, le FCL, représenté par Me Erikson Mooneapillay et l’avoué Manoj Appadoo, compte déposer un contre-affidavit dans les jours qui suivent.