L’accord universel sur le climat a été adopté le samedi 12 décembre par les 195 États participant à la conférence de Paris. L’accord est plus ambitieux que l’objectif initial de la COP 21, qui visait à contenir le réchauffement sous le seuil des 2°C. Il prévoit de le maintenir bien en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels et de poursuivre les efforts pour limiter la hausse des températures à 1,5°C.
“Un accord différencié, juste, durable, dynamique, équilibré et juridiquement contraignant.” C’est en ces termes que le président de la COP 21, Laurent Fabius, a présenté l’accord universel sur le climat qui a été adopté par consensus, le samedi 12 décembre au soir, par les 195 États participant à la conférence. Le rapport stipule que le réchauffement devra être contenu en dessous de 2°C, avec des efforts supplémentaires pour tenter de le limiter en dessous de 1,5°C. Cet effort est certes une bonne nouvelle mais les spécialistes disent que dépasser les 1,5 °C est presque une certitude.
L’un des plus gros sujets de préoccupation concernant l’accord est qu’il n’y a aucun objectif chiffré de réduction des émissions de gaz à effet de serre. On indique seulement que celles-ci doivent atteindre un pic au plus vite avant de décroître rapidement. Elles pourront être intégralement capturées par la végétation et les océans dans la seconde moitié du 21e siècle.
Pour le moment, les réductions d’émissions promises de façon volontaire par 186 États conduisent à l’émission de 55 gigatonnes de CO2 en 2030 alors qu’il faudrait atteindre 40 gigatonnes pour rester sous les 2°C. Ceci implique que les pays seront sans nul doute appelés à revoir leurs ambitions à la hausse, sur la base du volontariat, avant le nouvel inventaire, prévu en 2023. Ce processus de révision sera renouvelé tous les cinq ans. Les pays devront à chaque fois revoir leur copie en rehaussant leur niveau d’ambition.
Le principe de répartition était au coeur des négociations à Paris. En gros, qui va payer combien ? Les pays développés étaient appelés par les pays en voie de développement à prendre leurs responsabilités en faisant plus d’efforts. À ce sujet, le compromis se fait dans l’article 2 du traité où est acté le principe de responsabilités et des capacités différentes des États résultant de leurs circonstances nationales différentes. Quant au reste de l’accord, il est reconnu que les pays développés doivent jouer un rôle moteur dans la réduction des émissions mondiales et aider financièrement les pays en voie de développement dans la lutte contre le réchauffement climatique.
En ce qu’il s’agit des 100 milliards de dollars promis aux pays en voie de développement à partir de 2020, ils ont été tirés du texte de l’accord mais figurent dans une annexe. Il ressort qu’un nouvel engagement financier précis devra être formulé en 2025. Cette somme est intégralement à la charge des pays développés. Les autres pays sont appelés à réaliser un effort financier supplémentaire s’ils le souhaitent. D’autre part, aucune somme n’est prévue pour l’adaptation, c’est-à-dire pour les projets permettant aux pays en voie de développement de faire face aux conséquences du réchauffement.