Depuis lundi dernier, et ce jusqu’au 11 décembre, se déroule à Paris la 21e Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP21). Cette conférence a pour objectif principal de dégager un accord universel et contraignant pour limiter les émissions de gaz à effet de serre en dessous de 2°C en 2050 par rapport à l’ère préindustrielle. Maurice y a envoyé une délégation forte d’une quinzaine de personnes. Mais quels sont véritablement les enjeux pour nous ?
Il faut d’abord savoir que, comme tous les Petits États insulaires en développement (PEID), Maurice est particulièrement vulnérable au changement climatique (CC), soit une augmentation de la température moyenne à la surface de la Terre liée au rejet, dans l’atmosphère, d’émissions de gaz à effet de serre résultant de l’activité humaine. Notre vulnérabilité aux impacts du CC a été identifiée dans un document intitulé “Vulnerability of Mauritius to Climate Change” et récemment publié par le ministère de l’Environnement (MoE). Ce dernier souligne que les impacts négatifs du CC se font déjà sentir à Maurice, notant ainsi notamment une hausse accélérée du niveau de la mer de 5,4 mm par an (plus que la moyenne mondiale, de 3,3 mm annuellement), l’aggravation de l’érosion côtière sur environ 17 km de plage, l’augmentation – en fréquence et en intensité – de phénomènes climatiques extrêmes (cyclones et marée de tempête, entre autres) ou encore la diminution de nos régimes de pluies en sus d’inondations rapides plus récurrentes.
De même, en matière d’augmentation de températures, en comparaison avec la période 1961-1990, la température moyenne à Maurice a augmenté de 0,74 à 1,1°C. D’ici 2070, on s’attend à ce que la température moyenne subisse une hausse de 2°C.
Citant le Disaster Risks Reduction Report (2013) pour Maurice, le document du MoE prévient que les éléments suivants sont à risque suite aux marées de tempête ou à la montée du niveau de la mer du fait des inondations : 19 à 30 km de terres agricoles, 5 à 70 km2 d’endroits bâtis, 2,4 à 3 km d’autoroutes, 8 à 19 km de routes principales et 68 à 109 km de routes secondaires. De même des dommages aux bâtiments et aux infrastructures ont été estimés à USD 2 milliards et USD 1,4 milliard pour les prochaines 50 années, soit à l’horizon 2070. Sans compter ce que cela pourrait coûter à Maurice en termes de vies humaines.
Les solutions à ces problèmes, le gouvernement mauricien les a exposés dans son  INDC (“Intended Nationally Determined Contributions”), soumis en septembre dernier dans le cadre de la préparation de la COP21. Pour rappel, l’INDC est un document contenant les objectifs nationaux que se fixe un Etat pour réduire ses émissions de GES d’ici 2050.
Face à notre vulnérabilité au CC, le ministre Dayal a expliqué aux membres de notre délégation à Paris les enjeux de notre participation à la COP 21 : « Nous comptons d’ici 2030 réduire nos émissions de gaz à effet de serre de 30%, relatif au scénario “business as usual”. Nous comptons faire notre transition vers un développement “low-carbon” à travers l’utilisation accrue des énergies renouvelables. Toutefois, cela est sujet à la disponibilité des financements, du transfert et du développement de technologies et de l’augmentation des capacités venant de la part des pays développés ! »
Dans son INDC, Maurice a évalué ce que cette transition vers un développement « low carbon » lui coûtera la bagatelle de Rs 5,5 milliards. « Un PEID comme Maurice a impérativement besoin de l’aide de la communauté internationale pour relever les défis du CC », a martelé le ministre Dayal.