Dans le cadre de la Décennie des Peuples d’ascendance africaine (2015-2024) proclamée par l’Organisation des Nations unies, le Centre Nelson Mandela pour la Culture africaine lance aujourd’hui une série de conférences/recherches dans le domaine de « Creole & African Studies ». « How do we go beyond the trauma of slavery ? Empowerment and Healing in Mauritius » est le sujet de cette première conférence que donnera, cet après-midi, Stephanie Salzhube, une anthropologue allemande et spécialiste dans les études socio-culturelles.
L’anthropologue allemande est à Maurice depuis août 2014 dans le cadre de ses travaux de recherches pour une thèse de doctorat ayant pour sujet « history of slavery, creole identity and empowerment ». Mais pour son exposé aujourd’hui au Centre Nelson Mandela, elle a choisi d’aborder la question « historical trauma » par rapport à l’esclavage. « This concept of historical trauma is not new. Cela vient de l’Allemagne. Des survivants de l’holocauste ont vécu tout au long de leur vie une expérience traumatisante » indique Stephanie Salzhube au Mauricien. Elle ajoute que les séquelles de l’esclavage sur les descendants d’esclaves forment aussi partie d’une expérience traumatisante et fait référence au rapport de La Commission Vérité & Justice. « Ce rapport souligne les différentes formes de discrimination dont souffrent les descendants d’esclave d’origine africaine et malgache. Ils sont marginalisés politiquement et socialement et sont victimes aussi du silence de l’histoire. Regarding the history of slavery in Mauritius, which has remained silent over centuries, the transmission mode via the conspiracy of silence plays a major role in that process of trauma. I want to go beyond the trauma of slavery et démontrer comment on peut s’en libérer ».
L’anthropologue parlera des expériences de certaines personnes de la communauté créole et mettra en lumière leurs réussites dans leur domaine respectif. « There are many persons in the creole Community who have achieved great things in day to day life. Ils ont lutté contre toutes formes de discrimination et se sont battus pour faire respecter leurs droits. Ces personnes-là sont des rôles modèles. L’autre volet de mon intervention est axé sur tout le travail d’empowerment qui est nécessaire pour se libérer de ce traumatisme de l’esclavage. To my opinion creole identity is more than the history of slavery, » poursuit-elle.
Ces conférences/recherches auront lieu sur une base trimestrielle. L’objectif, explique le Dr Jimmy Harmon, directeur du Centre Mandela, est de créer un espace de rencontres et discussions pour les chercheurs et pour tous ceux qui sont sur le terrain pour faire aboutir des projets visant une transformation sociale. « La dimension culturelle est un élément essentiel dans tout projet de développement et nous ne pouvons plus ignorer cet aspect », affirme le Dr Harmon. « Ces conférences ne concernent pas que les membres de la communauté créole. Nous voulons que les organisations publiques et privées et aussi les Mauriciens en général aient une meilleure connaissance de la présence de la culture africaine et créole à Maurice. C’est pour cette raison que nous avons lancé une très large invitation », souligne le directeur du centre Mandela.