Susciter plus d’engouement, élever les aspirations, être plus objectif et sérieux dans l’approche, être capable de transmettre le précieux savoir à l’élite, aux jeunes et débutants par un simple geste souvent plus percutant que des mots et enfin ne jamais se contenter de la routine et de la médiocrité. Ce sont là les nombreux défis que devront relever la vingtaine d’aspirants entraîneurs de niveau 1 d’haltérophilie qui sont en formation depuis lundi sous l’expertise d’Aveenash Pandoo au centre national d’entraînement à Vacoas.
Durant la formation, les stagiaires découvrent ou redécouvrent, au fur et à mesure qu’ils avancent, les rudiments du coaching, mais surtout les stratégies d’approche et les moyens auxquels ils doivent recourir pour leur permettre d’atteindre leur but. « Je connais assez bien le niveau du coaching ici et les zones où on a besoin d’assistance. Nous en avons discuté et je crois qu’il faut développer l’aspect pédagogique et enrichir la connaissance et la compréhension technique en rapport avec la biomécanique, la nutrition, la physiologie et la psychologie quand au pourquoi et le comment », explique le principal intervenant.
Le programme est initié par la Fédération internationale d’haltérophilie (FIH). Cela fait dix ans que le Mauricien est au service de la Solidarité olympique en tant qu’expert dans le domaine de la formation d’entraîneurs de la FIH. Mais depuis l’an dernier, il a rejoint le Reserch and Coaching Committee du Comité international olympique (CIO) en sus d’être membre depuis deux ans de la Commission Éducation et Développement de la plus haute instance du sport mondial. Autant dire qu’Aveenash Pandoo a beaucoup à partager avec ses élèves, dont parmi quelques haltérophiles qui sont toujours en exercice, tels Shalinee Valaydon, Jonathan et Yannick Coret, Anthony Madanamootoo, des coaches tels Gino Souprayen et Noé Joseph, et d’anciens leveurs qui désirent désormais se lancer dans le domaine du coaching.
« C’est un avantage de les avoir car ils ont déjà une connaissance de la discipline. Mais ils ont besoin de se perfectionner pour favoriser l’épanouissement de ce sport. L’objectif recherché est qu’ils se mettent au service des régions et des nouveaux centres d’entraînement et de développement qui seront créés. Ils devront aussi s’ouvrir au public et présenter ce sport aux jeunes en comptant bien sûr avec l’appui du MJS pour la création d’une pépinière. Un club par district serait déjà un bon début », ambitionne Aveenash Pandoo, 41 ans.    
Si les stagiaires prennent depuis lundi la mesure de leur niveau de connaissance, ils apprennent parallèlement à ne pas tomber dans la routine, voire la médiocrité en ce qu’il s’agit des résultats. « C’est le piège à éviter à tout prix. Il n’y a aucun sens à répéter la même chose chaque jour tout en s’attendant à obtenir de meilleurs résultats ou performances. Si un entraîneur ne change pas ses méthodes, c’est qu’il a peur de faillir. Et qui n’avance pas recule. Donc, il faut évoluer et se remettre toujours en cause pour découvrir de nouvelles méthodes d’enseignement et démontrer le mouvement idéal à travers des gestes simples, mais très percutants. Il faut chercher à corriger les fautes d’une façon plus positive, de manière à produire le déclic et renforcer la confiance de l’athlète. »
Aveenash Pandoo fait aussi bien de rappeler qu’ « un athlète qui est bien préparé n’a peur de rien. Mais il incombe au coach de sonder ses ambitions et ses aspirations. Si l’athlète stagne, s’il ne progresse pas, il faut que le coach en trouve la raison et qu’il le guide à avancer et à être performant. C’est aussi là le rôle d’un entraîneur. »
Cette semaine de formation, qui devrait s’achever dimanche ou au plus tôt samedi, promet d’être riche en enseignements et est chaque jour très animée. Si elle n’est en elle-même pas d’un niveau très élevé, elle peut aussi inciter à une formation plus poussée, avoue Jonathan Coret. « Le stage est fort instructif car nous pouvons compter sur un formateur très expérimenté qui a été lui aussi athlète de haut niveau. C’est un premier vers le niveau 2. On n’a aucune difficulté à comprendre ses enseignements et lui à nous comprendre. Le courant passe bien. Cela va faciliter notre transition. Mais on apprend surtout comment aborder le coaching féminin et comment s’y prendre pour préserver la particularité d’un athlète tout en l’aidant à se perfectionner », confie-t-il avec enthousiasme.