“It is not in the storm nor in the strife that we feel benumbed and wish to be no more but in the after-silence on the lonely shore, when all is left except a little life !”

J. ROLAND PIERRUS

Cet extrait d’un poème de Lord Byron illustre bien l’embarras des parties concernées après la tempête politique et le déchaînement médiatique causés par l’affaire opposant le gouvernement à la présidence de la République. Aucun Mauricien ne peut se réjouir qu’on en soit arrivé là, surtout à un moment où le pays devrait être uni et en liesse. Certes, cinquante années d’indépendance cela se fête autrement que dans la mésentente, la suspicion, voire les règlements de comptes.

On aura vécu des jours inquiétants, des épisodes rappelant le scénario d’un film à rebondissements où les coups de théâtre n’ont point manqué. Politiciens en place ou déchus s’en sont donnés à cœur joie. Des mots auront été employés qui ne faisaient guère honneur tant à ceux qui les utilisaient qu’à ceux à qui ils étaient adressés. On aura entendu des menaces proférées par des dignitaires qui, de toute vraisemblance, ne se souciaient plus beaucoup de la dignité. Bien des déclarations pleines de sous-entendus auront été échangées, bien des menaces à peine voilées. Fait rarissime, deux ténors du barreau plus que proches par le lien de sang allaient s’affronter l’un en tant que présentateur de la motion de destitution et l’autre comme avocat de la défense. Alors que l’on s’acheminait vers les prolongations, la partie qui s’annonçait palpitante a été brusquement interrompue et dans la confusion on aura même oublié le coup de sifflet final. Qui peut dire s’il n’y aura pas de ‘replay’ ou de ‘foul play’ dans un proche avenir? Qui peut le savoir ? Au point où l’on est rendu, on peut s’attendre à tout.

Hallucinante, dramatique, pathétique, burlesque attribuez le qualificatif qui vous semble le plus approprié à la façon dont a été fêté ce cinquantième anniversaire, il n’en reste pas moins que nous nous serons fait une bien mauvaise publicité auprès de l’opinion publique locale et internationale et des investisseurs étrangers qui, en la conjoncture, avaient les yeux braqués sur nous. Ce qui heurte le plus c’est de penser que tout ce beau monde en rogne appartient à l’élite et a fraternisé en plus d’une occasion avant de maintenant se déchirer.

Notre cher quadricolore présent à tous les coins du pays avait bien triste mine car bien que flottant au haut des mâts ou placé aux frontons des bâtiments publics, il était tout comme mis en berne. Alors que les enfants chantaient à la gloire de notre mère patrie, de grands personnages de l’État avaient à son égard un comportement plus que désinvolte. Qui a dit que l’exemple vient d’en haut?