Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Yogida Sawmynaden, a récemment répondu à une question du député Alain Aliphon, élu MSM de la circonscription de Beau-Bassin/Petite Rivière, sur le cas de la handisportive Noemi Alphonse rapporté par Week-End. Cette dernière n’a toujours pas bénéficié d’un cash prize auprès du ministère de la Jeunesse et des Sports pour sa performance au Grand Prix d’Italie de juin dernier. Pour justifier la position de son ministère, Yogida Sawmynaden a indiqué qu’aucune demande n’avait été faite dans ce sens par la Physically Handicaped Persons Sport Federation (PHYSFED). Pourtant, ce même Yogida Sawmynaden avait fait le déplacement à l’aéroport pour accueillir Noemi Alphonse le jour de leur retour au pays !
Dans sa réponse à l’Assemblée Nationale, le ministrea précisé que la High Level Sports Unit (HLSU) n’a pas reçu de recommandation de la PHYSFED , en dépit d’une requête faite à cette fédération en date du 22 septembre dernier. Ce que la PHYSFED, par la voix de sa présidente, Véronique Marisson,a confirmé à Week-End. Car dit-elle :  » la compétition en Italie était tout simplement un stage de compétition  » en vue des JIOI. Elle ajoute que c’était aussi l’occasion pour les athlètes de se faire classifier « afin de pouvoir obtenir une licence internationale dans une catégorie spécifique.  »  Cette licence, ajoute-t-elle, est importante, afin de pouvoir participer aux autres grands événements internationaux.
Or, selon le site officiel du Grand Prix d’Italie, il s’agit bien d’une compétition organisée par l’IPC. Le nom de Noemi Alphonse y figure même comme gagnante du 1500 m dans la catégorie T54. Ce qui explique sans doute le déplacement de Yogida Sawmynaden à l’aéroport où il s’est fait prendre en photo avec Noemi Alphonse. Une question qui mérite aussi d’être posée dans ce cas précis  est de savoir depuis quand un ministre fait-il le déplacement à l’aéroport pour accueillir des athlètes revenant d’un stage ?
La présidente de la PHYSFED a, de plus, affirmé qu’aucun athlète mauricien n’a reçu de médaille à cette occasion. C’est ce que Week-End avait du reste précisé en juin dernier. Pour justifier la décision de ne pas recommander Noemi Alphonse, Véronique Marisson a fait remarquer que l’athlète  » a reçu un prix prévu par l’organisation pour une épreuve du Grand Prix. Officiellement, elle (Noemi Alphonse) est seconde au 1500m avec un temps de 4.54:88 derrière une Anglaise Nicholls (4.04:53). Il y avait trois concurrents dans cette course, dont une T34 (Nicholls) et deux T54, dont Noemi qui est première dans sa categorie devant Brandy Perrine.  » Un aveu de taille de la part de Véronique Marisson  qui confirme qu’effectivement, Noemi Alphonse a bien remporté le 1500m de sa catégorie, ce qui fait d’elle une athlète éligible à une reconnaisance de l’Etat.
Véronique Marisson a ajouté que le comité directeur de la PHYSFED a consulté les techniciens ainsi que les présidents des autres fédérations avant prendre une telle décision.  » Cette décision a été prise, car notre objectif était la classification et un stage de compétition.  On ne veut pas créer de précédent par rapport aux autres fédérations et athlètes (qui ont été en stage de compétition pour les jeux) », a-t-elle indiqué. D’autre part, Véronique Marisson a reconnu les gros progrès réalisés par Noemi Alphonse qui, en quatre mois, est passée d’un chrono de 7.05:96 au 1500m à celui de 4.54:88.
Un record national certes, a-t-elle indiqué, tout en précisant que ce n’est que cette année que les filles ont commencé le 1500m. Lors des précédents JIOI, c’était le 800m qui était au programme. Véronique Marisson a aussi tenu à préciser qu’aucune demande n’avait été faite pour que Noemi Alphonse bénéficie d’un moyen de transport pour aller s’entraîner, contrairement à Cédric Ravet. Une démarche qui interpelle, car on se demande comment un club qui possède trois athlètes visant tous une qualification pour les Jeux paralympiques peut-il soumettre le nom d’un seul athlète uniquement et pas les deux autres ?