Le Premier ministre a pris un ton volontairement politique hier lors de son intervention au Trianon Convention Centre pour s’attaquer directement à celui qu’il a appelé « camarade Bérenger ». Il a affirmé qu’il n’est pas l’otage d’un ministre, accusant le leader du MMM d’avoir voulu le prendre en otage en 1982. Il a aussi soutenu que, contrairement à ce qu’affirme Paul Bérenger, il viendra avec la réforme électorale afin de permettre à un plus grand nombre de femmes d’entrer au parlement. Sir Anerood Jugnauth a, de plus, réaffirmé qu’il ne tolérera pas la violence contre les femmes et les jeunes filles, et a dénoncé les crimes atroces commis ces derniers temps, précisant que des mesures extrêmes seront prises.
Très en verve, le Premier ministre a fait rire les femmes présentes au Trianon Convention Centre, en affirmant que « si les hommes étaient plus importants que les femmes, le créateur se serait contenté de les créer uniquement ». Et de poursuivre : « Or, comme les deux sont pareils, complémentaires et indispensables pour la survie de l’humanité, le créateur a ainsi créé les hommes aussi bien que les femmes. » D’emblée, il s’est prononcé en faveur de l’égalité des genres. Dénonçant la violence contre les femmes, il a rappelé qu’il a été magistrat pendant deux ans et a, à cette époque, entendu beaucoup de cas de violence perpétrés contre les femmes. « Même si c’était le premier délit, je les envoyais directement en prison. Après deux mois, le nombre de cas avait diminué. Certains hommes violents appréhendaient même le fait de se présenter devant moi », a-t-il affirmé. Sir Anerood Jugnauth en a profité pour affirmer que les législations sont adoptées pour être mises en application. Il a demandé aux magistrats de ne pas hésiter à sévir contre ceux qui violentent leur femme et a soutenu que s’il devait obtenir le consensus nécessaire, il n’hésiterait pas à prendre des mesures extrêmes pour tous ceux qui sont responsables des crimes atroces contre les femmes et les jeunes filles.
S’engageant ensuite dans un discours politique, le Premier ministre s’en est pris à « mo kamarad Bérenger ». « Kan mo tann li koze, sa fer mo disan bwi », a-t-il lancé. Il a accusé le leader du MMM d’avoir voulu céder devant le diktat de la Banque mondiale et du FMI en 1982, alors qu’il a résisté et a imposé ses propres conditions. Selon lui, « Paul Bérenger voulait imposer un régime communiste dans le pays ». De plus, alors que le pays passait par une crise économique, le leader de l’opposition avait demandé à la population de se préparer à manger « patate-manioc », alors que lui, il s’était rendu à Taïwan pour obtenir du riz en cadeau et sauver le pays de la famine, au grand dam de Paul Bérenger, qui lui reprochait d’avoir commis un impair contre la République populaire de Chine. Il a ajouté que pour lui « la population passait avant tout ».
Par ailleurs, le Premier ministre a justifié la cassure de 1983 pour aller former son propre parti. Celle-ci lui a permis de diriger le pays comme il le souhaitait. Il a reproché à Paul Bérenger d’avoir voulu, à cette époque, le prendre en otage. « Si mo finn refiz vinn lotaz Paul Bérenger, eski mo pou vinn lotaz enn mo minis zordi ? » a lancé sir Anerood Jugnauth. Il a traité Paul Bérenger « d’hypocrite, de menteur » et considère qu’il n’a « plus de crédibilité ».
Pour sa part, Navin Ramgoolam n’a pas été épargné et a été accusé de « manque de respect envers les femmes ». Se référant aux déclarations de ce dernier concernant son retour au pouvoir, il a déclaré : « Aret reve kamarad. »