Keziah Jones, une des têtes d’affiche du festival Sakifo à La Réunion cette année, a régalé son public avec son blufunk, un style qu’il a créé en se produisant dans la rue lorsqu’il était plus jeune. Cette légende vivante d’origine nigériane nous livre quelques secrets sur ce fameux blufunk, tout en partageant sa philosophie de la musique.
Keziah Jones, c’est la classe. Chapeau classique incliné, lunettes de soleil, jeans slim et pull aux couleurs chaudes. Sa présence intimide mais sa chaleur vocale détend rapidement l’atmosphère. Ouvert à la conversation, il se livre volontiers aux questions, répondant avec une précision rigoureuse, prenant le temps de bien réfléchir avant de répondre. “Being a live musician is what it’s all about”, dit-il d’emblée. “Tu as une réaction naturelle du public quand t’es en live; c’est ce que j’aime. C’est pour cela que je suis à ce festival.”
Très attendu et acclamé lors de sa prestation au Sakifo, avec un groove qui tue, le chanteur est connu pour sa musique très dansante, mélangeant plusieurs styles. Il a d’ailleurs donné un nom spécifique à sa musique, le blufunk. “Le blufunk, c’est se réapproprier l’héritage africain. Les esclaves qui furent embarqués pour l’Amérique ont créé des musiques : le blues, le jazz, le gospel. Je les considère comme spécifiquement yoruba, de l’Afrique de l’Ouest. C’est de là que je viens. Dans ces musiques, j’entends la culture yoruba. Je peux l’entendre dans les percussions et dans les voix. Je me la réapproprie. C’est ce que je dois faire pour présenter la culture africaine dans la forme dans laquelle tout un chacun peut comprendre.”