Le procès intenté à la Bangladaise Joshna Fazlull Haque pour le meurtre de sa belle-soeur, Shahinar Akter, 30 ans, également d’origine bangladaise, le 6 février 2011, a été entendu devant les Assises ce matin. La bangladaise a plaidé coupable sous une charge réduite de manslaughter. Dans sa déposition à la police, elle avait expliqué qu’elle avait décidé d’éliminer sa belle-soeur quand elle avait appris que cette dernière avait raconté à son époux au Bangladesh qu’elle avait une liaison à Maurice. Elle lui aurait infligé plusieurs coups de cutter au cou et au visage avant de lui fracasser le crâne à l’aide d’une pierre.
Initialement poursuivie pour Murder, Haque répond désormais d’une charge de Manslaughter. La poursuite est représentée par Me Shakeel Bhoyroo alors que la Bangladaise est défendue par Me Avineshwar Dayal. Lors du procès, un seul témoin a été appelé, en l’occurrence le Main Enquiring Officer de cette affaire. Il a produit le rapport d’autopsie du Dr Maxwell Monvoisin et a ensuite lu les trois dépositions de l’accusé à son arrestation. Il en ressort que la Bangladaise était arrivée à Maurice un an et demi avant ce drame. Elle était mariée au cousin de la victime et avait trois filles et un fils qui étaient restés au Bangladesh. Elle entretenait une liaison avec un Bangladais qui travaillait dans une boulangerie à Curepipe. C’est par la suite qu’elle avait appris que Shahinar Akter avait tout raconté à son époux, qui avait ainsi coupé toute relation avec elle. À la police, elle avait déclaré que lorsqu’elle appelait ses enfants, son époux l’empêchait de leur parler. L’accusée aurait alors décidé d’en finir avec sa belle-soeur. « I had made up my mind to kill her ». Le jour du drame, elle l’avait invitée à la rejoindre à Rose-Hill pour lui remettre un colis. Une fois arrivées, les deux belles-soeurs s’étaient dirigées au pied de la montagne Corps-de-Garde, où elle est passée à l’acte. Après avoir discuté une trentaine de minutes avec la victime, elle lui a donné un coup de cutter au cou avant de lui donner des coups de pierre. Shahinar Aktar, 30 ans, avait eu le crâne écrabouillé. Deux garçons faisant une randonnée dans les environs avaient fait la découverte macabre.
Appelée à la barre des témoins à la fermeture du procès, c’est en sanglots que Joshna Fazlull Haque a présenté ses excuses, déclarant qu’elle avait réalisé son erreur. Dans sa plaidoirie, son homme de loi a plaidé pour la clémence de la cour, indiquant que sa cliente a passé presque cinq ans en prison déjà et chaque jour qui est passé, elle n’a pas cessé d’exprimer des remords. Me Dayal devait aussi demander à la cour de prendre en considération les circonstances de ce crime et le fait que depuis cinq ans elle n’a pas vu ni eu de contact avec ses enfants. « She gave a a full-fledged confession and provided the police with all the information to carry out the enquiry », a soutenu son avocat. Le juge Benjamin Marie-Joseph fera connaître la sentence le 19 janvier.