Promouvoir et populariser l’aquarelle. Tel est l’objectif de cet événement organisé le samedi 21 novembre dernier dans le jardin de la Maison Euréka, à Moka à l’occasion de la Journée mondiale de l’Aquarelle célébrée chaque année le 23 novembre à l’initiative d’Alfredo Guati Rojo, ancien président de la Sociedas Mexicana de acurellistas, qui a créé cet évènement en 2001. Celui-ci est aussi le créateur d’un musée consacré uniquement à l’aquarelle au Mexique.
À Maurice, cette journée consacrée à l’aquarelle est célébrée pour la première fois grâce à la Société Internationale d’Aquarelle (IWS-International Watercolor Society) Mauritius créée en mars dernier par l’aquarelliste mauricien Riaz Auladin, et épaulé par les artistes Paul Comarmond et de Siddick Nuckcheddy.
Démonstrations et exposition ont ponctué cette première journée. Le public a pu découvrir les oeuvres de Jocelyn Thomasse, Yves David, Bernard Charoux, Paul Comarmond, Siddick Nuckcheddy, Faizal Dilloo, Anne Delplace, Florent Beusse et Riaz Auladin. Oeuvres qui seront ultérieurement mis en vente pour une levée de fonds en faveur des réfugiés syriens en Europe. D’autres aquarellistes et des élèves en aquarelle ont pris part dans une démonstration de peinture. Pendant trois heures ces artistes ont peint un sujet de leur choix.
Créée en mars 2015, l’IWS Mauritius s’engage à organiser des ateliers, des salons, séminaires et à promouvoir et populariser l’aquarelle. “Nous construisons un réseau de communication entre aquarellistes mauriciens et étrangers. Nous apportons de l’aide et conseillons les talents dans le domaine. Nous encourageons la liaison entre IWS Mauritius et les autres membres IWS du monde par le biais de participation aux biennales et autres événements internationaux”, explique Riaz Auladin.
La société internationale d’aquarelle (IWS) est un organisme a but non lucratif et a été crée en janvier 2012 avec l’objectif de promouvoir la plus ancienne technique de peinture au monde ; l’art de l’aquarelle. “Notre siège se trouve dans l’ancienne ville de Téos, en Turquie sur les rives orientales de la mer ÉgéeNotre objectif est de promouvoir la paix par l’utilisation de l’art ; la langue commune de tous les peuples du monde. Nos activités consistent à rassembler les aquarellistes et les amoureux de l’aquarelle”, dit Riaz Auladi.
Un peu d’histoire
Le mot aquarelle vient de l’italien acquarello (peinture à l’eau), il apparaît à la fin du XVIIIe siècle. Cette technique est beaucoup plus ancienne puisqu’elle remonterait aux origines de la peinture. Elle s’utilise sur divers supports de la fresque au papier de coton en passant par le papyrus, la soie, le parchemin, le vélin. Il faudra attendre le XVe siècle pour qu’un artiste sublime cette matière, c’est l’allemand Albrecht Durer (1471-1528) qui créera de véritables chefs d’oeuvres. Dans le même temps la peinture à l’huile se développe, et mettra en sommeil l’aquarelle pour plusieurs siècles. C’est les Anglais qui entre 1750 et 1850 l’utilisent et lui donnent un nouveau visage à travers le paysage, on retiendra John William Turner, sa virtuosité fera de l’aquarelle la peinture de l’émotion. Elle sera utilisée dans tous les grands courants de l’histoire de l’art, de l’impressionnisme au cubisme en passant par l’expressionnisme. Aujourd’hui l’aquarelle est la technique picturale la plus utilisée dans le monde. De par son sens pratique, elle se transporte facilement, elle est économique, non polluante, rapide. De grands salons s’organisent, impulsés par les Belges très friands de cette peinture. Malheureusement pour le grand public non averti, l’aquarelle évoque la peinture à l’eau des écoliers avec les petites pastilles rondes.