LA PRÉCAMPAGNE AU NO 18 : Le cheval de Troie

La candidature de Pramod Jaddoo, oncle de Nita Juddoo, continue toujours de susciter des interrogations. Celui qui avait effectué des approches en direction du MMM après avoir manifesté de la sympathie pour le PTr est-il le cheval de Troie d’un des partis composant le gouvernement ? Cette question est devenue d’actualité pour deux raisons, le fait qu’il a attaqué les partis d’opposition tout en ménageant ceux du gouvernement dans les premières déclarations annonçant sa participation à la partielle du No 18 et, ensuite, ses liens de parenté avec le conseiller d’une grosse pointure du gouvernement. Il faut néanmoins attendre que la campagne démarre pour une clarification des positions des uns et des autres.
Le passé scruté
La campagne de « démystification » du « oldie » Arvin Boolell a déjà commencé. Ses adversaires, au sein du gouvernement surtout, ne veulent pas qu’il se présente comme le candidat de la nouveauté à Quatre-Bornes/Belle-Rose. On scrutera son passé. On s’évertuera à rappeler son long passage à Rose-Belle/Vieux-Grand-Port qui a mis fin au trio Mahen Seeruttun/Sandhya Boygah/Prem Koonjoo et son dernier haut fait de la campagne municipale. Selon les échos de cette précampagne, les détracteurs de celui qui garde une option sur le leadership des rouges n’ont aucune intention de lui faire des cadeaux.
On ne manquera pas de rappeler qu’il avait pris la place du Dr Domingue comme médecin de l’établissement sucrier étatique de Rose-Belle pour mieux asseoir son arrivée au No 11, qu’il voulait exciser un bout du Jardin de Pamplemousses pour l’offrir à celui qui était considéré comme un membre de la famille, Ah Fat Lan Hing Choy, et, last but not least, plus récemment, la fameuse distribution de macaronis le matin des municipales du 9 décembre 2012 à la résidence Malherbe. Le plus désagréable avec le bribe électoral au petit matin curepipien, c’est que les images sont toujours en circulation sur plusieurs réseaux sociaux. Allez savoir s’il n’y aurait pas au moins un membre de l’état-major rouge qui ne serait pas mécontent que cette charge anti-Boolell porte ses fruits.  
Une vieille connexion
On attendait Vasant Bunwaree, Kushal Lobine, Assad Peeroo, ses soutiens affichés au PMSD et son leader Xavier Duval, ou Arline Koenig, ancienne adjointe au maire de Quatre-Bornes ou encore Robert Pallamy qui, lui, a été conseiller de la même ville et même Ranjeeta Bunwaree qui était en première ligne pour couper le gâteau d’anniversaire le 14 mai dernier à Ébène, mais, au final c’est sur Dhaneshwar Maraye que le leader du PMSD a porté son choix. La famille Maraye, XLD la connaît depuis très longtemps. Cela remonte à 1991 lorsque Dan Maraye était candidat du PTr au No 8 de l’alliance PTr/PMSD tout comme XLD et que les deux avaient été battus. Le candidat travailliste battu fut nommé gouverneur de la Banque de Maurice en 1996, mais dut démissionner en 1998 au terme d’une gouvernance très contestée marquée par les conditions du rachat de la Delphis Bank et l’inversion des dénominations linguistiques sur les nouveaux billets de banque. XLD et Dan Maraye vont se retrouver juste après pour créer le cabinet Équinoxe dont on avait beaucoup parlé au moment de l’affaire Stauffer en 99/2000. Comme la mode est au renouvellement et que le papa devenu « observateur politique » fait démodé, c’est donc le fiston qui dirige un centre de formation dans la circonscription qui est envoyé au front.
Les millions ciblés
Même si le MSM n’a pas précisé ses intentions concernant la partielle du No 18, la campagne à déjà démarré pour lui. Pas sur le terrain, mais à l’Assemblée nationale. Les électeurs ont eu un avant-goût cette semaine avec les questions ciblées du nouveau zanfan lakaz du Sun Trust Zouberr Joomaye sur Roshi Bhadain et son bras droit Akilesh Deerpalsing. Si elles ne sont pas nouvelles et que des précédentes interpellations avaient été verrouillées, là, les réponses se font précises, détaillées, chiffrées au centime près. Des salaires de Rs 7,2 millions pour le conseiller Deerpalsing et des voyages au coût de Rs 8 millions pour Roshi Bhadain en moins de deux ans, de quoi enflammer les électeurs. Et lorsqu’on ajoutera les Rs 49 millions à Stree Consultant pour le fantomatique Heritage City, le motard pour ouvrir la route à un no 19 d’un gouvernement et la photo du baise-main, ça risque de faire un peu beaucoup. 
Lentement 
mais sûrement
Le scepticisme commence à s’estomper autour de la candidature de la néophyte Nita Juddoo. Lentement mais sûrement. Si au sein des instances du MMM, les avis étaient partagés, la candidate choisie suite au désistement de Vijay Makhan est arrivée à se faire accepter. Ce qui a joué en sa faveur, son style posé et ses propos mesurés tels que déclinés chez notre confrère du Mauricien il y a quelques jours.