GAËL ETIENNE

Pour une population côtoyant au quotidien les informations européennes, comment ne pas établir un parallèle entre les élections générales à venir à Maurice et celles qui ont eu lieu récemment en Europe ? Les résultats sont assez frappants. Aucun intérêt à m’attarder sur les partis d’extrême droite. Mon attention se porte donc exclusivement sur les partis écologiques. En Allemagne, ils sont le deuxième parti le plus important de ces élections avec 22% des voix. En France, là où à l’élection présidentielle le quarto de tête était représenté par le mouvement En Marche, le Front National, Les Républicains, et la France Insoumise, ces élections voient aujourd’hui, une percée évidente d’un parti non traditionnel qui arrive en troisième position avec 13,5% des voix (EELV). Taux de participation à la hausse, mais faible quand même, la tendance est là et nul ne peut la nier : l’environnement est un sujet phare pour lequel de nombreux Européens ont une parole à porter à Bruxelles ! Qu’en est-il dans notre pays ?

Pas plus tard que jeudi 23 mai, je lisais sur les réseaux un post de Aret Kokin Nu Laplaz citant un site nous expliquant qu’un nouveau projet immobilier devrait voir le jour à Beau Champ, avec l’aval du gouvernement. Outre le fait que le tourisme est un secteur en berne à Maurice et que nos autorités doivent chercher à générer de la valeur autrement que par la simple multiplication d’hôtels, il est important de noter que les gouvernements qui se sont succédé ont toujours opté de sacrifier sur l’autel de notre pays, l’environnement pour quelques roupies de plus. Là où dans certains pays les gouvernements ont créé depuis les années 80 des lois du littoral pour mettre fin aux constructions néfastes à l’environnement, à Maurice on se cache encore derrière un Environmental Impact Assessment. EIA qui, à mon sens, est bien trop minime pour stopper ces vagues de développement sans progrès qui sévissent sur les côtes mauriciennes. Force est de constater, que d’ici quelques années, notre lagon, nos plages, et notre bien-être commun en pâtiront grandement (si ce n’est pas déjà le cas)! Si certains voient en le bâtiment une forme de bien-être, attendez voir ce qu’il en sera quand nous n’aurons plus de quoi prendre l’air… Que gagne le peuple mauricien dans tout cela ? Du béton, du béton, et… du béton ! À croire que c’est la seule chose que ces gouvernements peuvent nous pondre.

Avec cet ensemble d’enjeux environnementaux auquel nous devons faire face depuis le début de l’ère industrielle, Maurice doit se positionner comme un État ayant une forte préoccupation pour la question écologique. Nous serons les premiers à subir la montée des eaux, et nous sommes pourtant les derniers à agir en ce sens. Rodrigues donne de plus en plus l’exemple à sa grande sœur, et nous pendant ce temps, nous sommes encore à nous demander qui de Jugnauth ou de Ramgoolam prendra le pouvoir. Wow ! Quel sujet intéressant ! Wake Up People ! Bannissons toutes formes d’emballages plastiques définitivement. Revenons à la consigne ! Surveillons nos mers de façon à éviter toutes formes de surpêche ! Profitons du Metro Express pour instaurer les Parkings Relay et rendre nos villes piétonnes moins bruyantes et moins polluantes. Réinstaurons l’agriculture biologique à Maurice pour qu’enfin nos corps cessent d’être rongés par ces pesticides en tous genres. Eduquons nos enfants et nos parents au respect de la nature ! Travaillons inclusivement avec les acteurs du privé pour remettre la chose environnementale au cœur de nos actions !

Qui pour représenter ces problématiques au parlement ? Qui pour faire pencher la balance dans le processus décisionnel étatique ? Soit les partis traditionnels intègrent une forte mouvance « verte » en leur sein, soit la société civile prend les choses en main et renverse ces partis qui depuis trop longtemps ont bafoué cette nature qui a tant donné à tant de générations. Le combat écologique d’AKNL et de Rezistans ek Alternativ à lui seul ne pourra faire le poids si le peuple mauricien ne comprend pas ce qui s’est passé en Europe. Cela doit générer des répercussions fortes dans la vie politique mauricienne. Pas demain, mais aujourd’hui ! Nous avons le droit à mieux et nous devons l’exiger !