Les cons vaincus

Si notre “impitoyable” petit prince déposait une liste de commissions, ça jugulerait les allégations formulées, les réduirait en une peau de chagrin. Et confirmerait le dicton selon lequel nous sommes tous égaux face à la loi. Bref, que celle-ci n’est pas aveugle comme une taupe… Dire que c’est une “blague”, c’est un tantinet insulter l’intelligence du peuple. Faut cracher le morceau, my lord. Crever l’abcès.

Ce sera bénéfique et pour l’image du petit et pour la santé du pays. Oserais-je ajouter “ainsi qu’à celle du judiciaire”. Certains hommes en robe défrayent la chronique. Sur ces entrefaites, des hommes ombrageux goûtent un vedettariat malgré eux. Une question s’impose à ma conscience tourmentée d’incertitudes : est-ce le petit prince qui nettoie un bordel ou est-ce que ce merdier est causé par un mode de gouvernance aléatoire ?

Entre-temps, des gro palto tirent un capital politique du narcoticgate. Est-ce un hasard si les affaires de drogues resplendissent sous le soleil ? Je ne sais pas. C’est pour ça que je pose la question. Et toujours cette scène obsédante dans le flou artistique : le traître baisemain du grand badin…
Scrutons ensemble ce cliché. La subjectivité laisse voir une sorte de personnage-vipère. Un baiseur de main dépeint comme un Iscariote (Judas), instillant un venin à l’agneau. Scène épique. Machiavélique. Nous voyons également un dadais dans une chemise flasque. La main est gauche et mollassonne. Le sourire est niais et le regard fuyant… J’enjoins à scruter la photo pour mieux se figurer ces impressions dignes de Caïn et Abel. Un noir dessein émane clairement du donneur du baiser. Un désir de califat secrètement nourri contre le calife, surnommé “l’imposteur”. Certes, le prince n’a guère livré de bataille sans merci pour son installation au trône. Certains sont plus égaux que d’autres dans la bananité de notre démocratie.

On notera une velléité d’améliorer une image jusqu’ici timorée. “Casser du journaliste” est devenu un exercice. Le but est de démontrer que le petit prince a du caractère et n’a peur de rien ni de personne ! Ceci est vrai surtout lorsque tournent les caméras. Qu’en est-il lorsque s’éteignent les feux des projecteurs ? Ce n’est pas aisé de se prononcer. Obama et notre souverain sont venus au monde en 1961. Cette similarité n’est guère un critère pour comparer leur performance. Comparons ce qui est comparable.

Nous avons les politiciens que nous méritons ! Faut-il retourner casaque et renier son vote avant le chant du coq ? Ne pas faire croire à ce que l’on n’est pas. Pa fors natir, kamarad. N’est pas charismatique qui veut. Taper du poing sur la table ne servira pas à grand-chose. Zaza l’a pigé depuis longtemps. Le charme de feu son père sur les foules n’est pas transmissible par le sang ! Zaza ne sera jamais Joe.

Apprendre à devenir soi-même n’est pas une évidence. Surtout lorsqu’on a vécu dans l’ombre d’un père. Chercher sa propre voie, trouver une voix propre sans trop se référer au père. Le culte de la personnalité est hélas une redondance. Une espèce de nostalgie accessoire qui, au fond, englue au passé. Même si la forme se veut futuriste. L’archaïsme peut aussi s’afficher en 3G et s’affubler 2.0. Ne nous leurrons point ! Les conneries sur FB suffisent pour s’en convaincre. Les cons vaincus sont parmi nous.

Pendant ce temps, d’autres doutent. Redoutent. Et s’interrogent, rongés d’incertitudes : qui sera notre prochain maître ? Entre les mains de qui mettre son destin ? Je n’entends que des voix. Et une grogne populaire, à canaliser en énergie positive. Sinon nou pou lake, kamarad. Le pays s’enfoncera dans la médiocrité. Alea jacta est. Advienne que pourra. Et, si possible, un messie qui ne virera pas casaque lorsqu’il sera installé. À l’instar des locataires du pouvoir, tous aussi convaincus de leur légitimité absolue.