Le Mouvement Patriotique fait feu de tout bois pour essayer de rendre sympathique sa candidate à la partielle de Quatre-Bornes. Surtout de la faire passer pour une victime. Une campagne est orchestrée pour essayer de faire que la candidate occupe la une de la presse. C’est ainsi qu’elle est allée aux Casernes centrales entourée des dirigeants de son parti pour faire une déposition contre le piratage de son compte Facebook sur lequel elle aurait entreposé ses données confidentielles. Le tout accompagné de grandes déclarations du style « qui a peur de Tania Diolle ? » Et puis, la semaine dernière, le MP a révélé — pour ne pas dire orchestré —une nouvelle attaque contre sa candidate. Son parti a fait circuler un commentaire sur Facebook affirmant que sa candidate a été dénigrée par la fille du leader d’un des partis adverses, le MMM. La fille du leader du MMM se serait moquée du fait que la candidate du MP soit orpheline de père. Le commentait de la fille du leader du MMM a été abondamment distribué sur les réseaux sociaux et a déclenché le buzz médiatique qu’on imagine avec condamnation, pressions pour des demandes de pardon et des excuses publiques. Mais, curieusement, le contenu du commentaire de la candidate du MP qui a provoqué la réponse de la fille du leader du MMM et déclenché la polémique n’a pas été rendu public. Ceux qui ont pu le lire ont découvert qu’il s’agissait en fait d’attaques personnelles de la candidate du MP contre la fille du leader du MMM. Des attaques qui ont provoqué la réaction que l’on sait et qui ont été publiées, alors que le point de départ de la polémique a été soigneusement censuré. Maintenant que le contexte de la polémique est connu, la tentative du MP est à ranger dans la catégorie des stratégies ratées et surtout pathétiques !

C’est à un autre type de manipulations à partir d’un fait réel que se livrent certains membres du gouvernement dans l’affaire Betamax. Pour ceux qui les auraient oubliés, voici les faits de cette affaire. Aussitôt élu, le gouvernement de Lalians Lepep décide de résilier le contrat signé par la STC avec la compagnie Betamax pour l’acheminement des produits pétroliers à Maurice. La raison principale étant que Betamax appartient au beau-frère d’un ex-ministre du précédent gouvernement. Betamax saisit les tribunaux et le litige est porté devant une institution internationale d’arbitrage basée à Singapour, qui donne gain de cause à l’entreprise mauricienne. Violant les règlements internationaux et ses engagements, le gouvernement mauricien refuse d’accepter le jugement et de dédommager Betamax, et entame une autre procédure.

En attendant, l’État mauricien — c’est-à-dire les contribuables — doit payer plus de Rs 1 million par jour pour non-application du jugement de Singapour. Pour essayer de faire respecter le jugement émis en sa faveur, Betamax utilise une des options que lui offre la loi internationale : faire bloquer une cargaison de produits pétroliers destinés à son créancier, la STC, en faisant appel à la justice indienne. Cette procédure légale de Betamax a été qualifiée par deux ministres du gouvernement, qui a refusé de reconnaître le jugement de Singapour, d’acte antipatriotique. Mais n’est-ce pas plutôt de l’antipatriotisme dans ce cas avec la décision unilatérale du gouvernement de Lalians Lepep de résilier le contrat de Betamax sans réfléchir à ses conséquences et implications sur le plan légal ?

Revenons à Quatre-Bornes, où la campagne électorale donne lieu à une compétition de déclarations et promesses démagogiques. Roshi Bhadain, qui dit que son objectif est de faire disparaître les dinosaures de la politique, n’hésite pas à utiliser leur langage et leurs arguments. C’est ainsi qu’il a déclaré qu’au Parlement le leader de l’opposition
« poz kestion kouma enn mamzel » et que Tania Diolle a été nommée comme candidate « pou fer konkour boté. » Plus féministe que lui tu meurs. Par ailleurs, Roshi Bhadain a affirmé qu’il a déjà remporté la victoire à la partielle de Quatre-Bornes haut la main. Le leader du Reform Party, qui veut faire de la politique autrement, n’hésite pas à faire ce qu’on n’osait pas faire avant : révéler les noms des supposées maîtresses de leaders politiques lors des conférences de presse. Plus féministe que lui tu meurs ! Dans l’euphorie de sa victoire annoncée, Roshi Bhadain a annoncé qu’une fois élu, il allait s’assurer que tous les Mauriciens aient un salaire de base mensuel de Rs 10 000. Supposons que les électeurs du Numéro 18 décident d’élire le leader du Reform Party dimanche prochain. Mais comment fera-t-il pour obliger le gouvernement à tenir la promesse qu’il vient de faire ?

Est-ce que Bhadain recommence à se prendre pour le Premier ministre ?
*J’ai gardé pour la fin cette déclaration du responsable de communication d’Air Mauritius affirmant que « les vols annulés et reportés d’Air Mauritius n’ont rien à faire avec les pilotes. » Est-ce qu’Air Mauritius aurait réussi l’exploit de faire voler ses avions sans pilote ?