Le public turfiste se plaint du programme squelettique offert par le Mauritius Turf Club lors des deux premières journées. S’il y avait 52 partants lors de la journée inaugurale, il n’y en avait que 48 la semaine dernière suite à l’annulation de la première course. La question est de savoir pourquoi on a eu droit à un tel scenario en ce début de saison. Turf Magazine est allé aux nouvelles pour en savoir un peu plus.
Si le public trouve que le MTC aurait dû reporter le début de la saison, du côté du club, on avance qu’il était impossible de le faire vu qu’il lui aurait été difficile de remplacer les journées perdues d’autant plus qu’il n’a pas l’autorisation pour organiser des week-ends de course.
Benoît Halbwachs, le General Manager, déclare qu’il est au courant que les turfistes sont quelque peu mécontents, mais trouve que «Les courses ont été intéressantes et plusieurs d’entre elles ont été bien disputées, avec des arrivées serrées alors que les propriétaires de chevaux ont été récompensés par une augmentation du Stakes Money.»
La grogne est aussi du côté des bookmakers on course dont les frais ont eu à subir une augmentation. Le manque de chevaux fait qu’il y a un manque d’engouement de la part des parieurs. Ils avancent que dans un champ restreint, seulement les chances de deux voire trois chevaux sont vendues alors que les autres engagés sont carrément délaissés. Ce qui n’est pas bon pour leur chiffre d’affaire.
Le MTC est cependant d’accord pour soutenir le fait que certains entraîneurs ont repris tardivement le chemin de l’entraînement, même si d’aucuns avancent que certains chevaux méritaient plus de repos du fait qu’ils s’étaient bien dépensés en 2015.
Toujours au niveau du club, on allègue que la saison 2016 paie les pots cassés de ce qui s’est passé en 2015, soit l’acquisition d’une cinquantaine de nouvelles unités seulement alors qu’ils sont plus de 60 anciens à avoir pris le chemin de la retraite fin 2015.
Il faut aussi savoir que 36 chevaux ont pris la destination de Madagascar depuis le début de l’année, dont 18 lundi dernier.
«Il faudra attendre la Duchesse»
Ainsi, en ce début de 2016, le MTC a mis en place un Fixture’s Committee pour trouver la juste formule à l’élaboration de la meilleure carte possible. Au niveau de ce comité, le premier travail a été d’effectuer une étude au niveau des établissements pour être au courant de la disponibilité des chevaux.
« Nous procédons à travers une charte afin d’établir les parcours. Les entraîneurs doivent communiquer le nombre de chevaux qui sont susceptibles de courir sur une distance adéquate et aussi la fourchette de valeur adéquate. Les chevaux disponibles sont moins nombreux en ce début de campagne. Si vous comparez avec la saison 2015, vous trouverez qu’il y avait beaucoup plus d’anciens chevaux. En revanche, il y a eu moins d’acquisitions, ce qui fait que le cheptel de chevaux est moins volumineux. Certes, on débute la saison avec 76 nouveaux sur place et 53 autres qui sont venus il y a quelques jours. Reste qu’ils ne peuvent être prêts pour les premières journées. Il y en a eu quand même 8 qui ont couru lors des premières journées. Il ne faut aussi pas oublier qu’on reprend le chemin de la compétition avec dix établissements seulement. Deux sont encore en rodage alors que le treizième est out définitivement. En 2015, on avait 13 établissements pour débuter. Cela fait toute la différence. » avance Khalid Rawat.
Ce dernier avoue qu’en parcourant la liste des chevaux qui étaient au galop le vendredi 1er avril, il était conscient que la troisième journée serait aussi maigre que ses devancières.
«84 galops seulement ont été enregistrés contre 146 pour la période correspondante en 2015. Les deux premières journées de la précédente saison ont accueilli plus de 130 chevaux et les galops démontraient le nombre qui était prêt à concourir. Nous avons accueilli 130 nouveaux à cette semaine. Il y a encore deux contingents qui sont prévus pour le début de mai. On devrait avoir plus de 150 unités pour la saison. Si la compétition a démarré lentement, on espère qu’on terminera sur les chapeaux de roue. On pense que les choses commenceront véritablement à changer dans trois journées, lors de la Duchesse», a-t-il soutenu.