Des fonctionnaires, réunis au sein de la Federation of Civil Service and Other Unions (FCSOU) et de la Government Services Employees Association (GSEA), ont marché pacifiquement ce midi dans les rues de Port-Louis réclamant la tête du directeur de Pay Research Bureau (PRB), J. Curpen Naick. Ils le tiennent personnellement responsable des manquements qu’ils dénoncent dans le dernier Rapport PRB 2016.
« Se le pir Raport PRB ki finn sorti. Se in insilt a bann fonksyoner. Pou sa, nou blam le direkter, J. Curpen Naick, personelman », s’est écrié le président de la FCSOU, Narendranath Gopee, en présence de celui de la GSEA, Radhakrishna Sadien, de leurs comités exécutifs et de leurs membres respectifs, à midi au Rabita Hall, rue Pope Hennessy à Port-Louis.
Narendranath Gopee affirme que selon ses sources, des officiers du PRB ont conseillé à J. Curpen Naick de faire des recommandations en faveur des fonctionnaires, que le directeur du PRB a rejetées. « Li finn pran kont tou bann propozisyon management, ek li finn fou deor bann propozisyon ki bann sindika inn fer ! Pire, li finn zis guet zis pou li », s’est-il indigné.
Pour soutenir ses dires, Narendranath Gopee a cité une partie du rapport où le directeur du PRB recommande une rémunération équivalente aux trois quarts de leurs salaires mensuels pour produire le rapport Errors & Omissions qui vient corriger le Rapport PRB en septembre prochain. « San konte ki finn pay zot plis ki Rs 3 millions overtime. Pandan 2 zan zot pa fer narien dan biro PRB ; lor 3e lane zot dimann overtime pou zot fer rapor là », s’offusque-t-il.
Le président de la FCSOU a dit douter de la capacité du bureau du PRB de motiver les fonctionnaires pour une fonction publique efficiente, efficace et productive. « Fonksyoner gagne stress dan travay, ek sa kalite pressyon ki ena lor zot-la », a-t-il déploré. Il s’est attaqué dans ce contexte au Performance Management Scheme (PMS), un système d’évaluation de la performance pour la fonction publique. « PMS se enn lepe de Damocles lor latet fonksyonner », s’est-il écrié, avant de critiquer en détail certaines recommandations du rapport qui, estime-t-il, vont à l’encontre des intérêts des fonctionnaires.
Radhakrishna Sadien a pour sa part affirmé que « le rapport du PRB est censé préparer la fonction publique à relever les nouveaux défis. Malheureusement, son dernier rapport finn amenn boukou dezord ». Il a dénoncé, entre autres, l’écart grandissant entre le salaire des grands et ceux des petits fonctionnaires. « Kumadir ena fonksyonner pli inportan ki so kamarad, alor ki sak fonksyoner li inportan dan pozisyon kot li ete », dit-il. « Si vous voulez d’une fonction publique efficiente et moderne, il vous faut lui donner les ressources humaines et les moyens adéquats en termes de meilleurs salaires, de conditions de travail et de formation… Mais ce rapport est loin de satisfaire ces critères ».
Les deux leaders syndicaux ont demandé à leurs membres de signer l’Option Form « under protest » ou « without prejudice » pour signifier leur acceptation des salaires et conditions de travail recommandés par le rapport PRB. Ils ont réclamé que ce soit un « corps totalement indépendant » qui s’attelle à rédiger le rapport Errors & Omission et non les divers ministères. « PRB pa kapav ek pena drwa moral koriz li-mem », soutient Narendranath Gopee.
Radhakrishna Sadien et Narendranath Gopee ont également vivement critiqué le National Wage Consultative Council Bill que le gouvernement a introduit mardi dernier à l’Assemblée nationale, regrettant que l’Alliance Lepep n’ait pas respecté sa promesse électorale faite en décembre 2014 d’avoir des discussions au préalable avec les syndicats.
Après les interventions de ces deux leaders syndicaux, ceux présents ont été invités à se mettre en branle pour une marche pacifique dans les rues de la capitale.