Trois ans après la publication d’un rapport explosif sur un réseau international de trafiquants d’armes opérant à partir de Maurice, Kathi Lynn Austin, Executive Director de Conflict Awareness Project, revient à la charge. Dans une correspondance officielle en date du 10 août 2015 adressée au Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, la Lead Investigator du rapport « Viktor Bout’s Gunrunning Successors : A Lethal Game of Catch Me if You Can » réclame la réouverture de cette enquête de l’ICAC, qui a été classée au niveau du bureau du DPP en décembre de l’année dernière. Elle réclame également une enquête approfondie des autorités au sujet de la fuite d’informations sur le rendez-vous de Londres de mai 2013 avec le Chief Investigator de l’ICAC. La troisième demande formulée en vue de la réouverture de cette enquête sur le trafic d’armes à partir de Maurice porte sur un “safe passage” pour elle en vue de tout éventuel déplacement à Maurice.
Répondant à une interpellation parlementaire en début d’année, le Premier ministre a confirmé que l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) avait été informée officiellement presque au même moment que la proclamation des résultats des élections du 10 décembre dernier que l’enquête de l’ICAC sur ce réseau de trafiquants d’armes avait été classée par le bureau du DPP. Dans sa correspondance, sous forme d’Open Letter au Premier ministre, l’Executive Director du Conflict Awareness Project fait une demande pour la réouverture de ce dossier.
« Firstly, I would like to ask that your government restart its investigation into the alleged criminal activity of an international arms trafficking network found to have been operating in Mauritius, and targeting conflict zones such as the Democratic Republic of the Congo, Sudan, and Syria », souligne Kathi Lynn Austin à l’intention de sir Anerood Jugnauth. Elle ajoute que « I ask for an inquiry into a breach of trust regarding a confidential governmental meeting convened to advance the initial investigation of this transnational organized crime ring ». Elle demande également un « safe passage to Mauritius to provide testimony on both matters ».
Avant d’établir une chronologie des principales étapes de cette affaire, l’Executive Director du CAP note que « I believe that law enforcement authorities in Mauritius have sufficient information to carry out investigations, and I would be pleased to assist the responsible authorities to the best of my ability ».