Si l’on savait jusqu’ici que les régions de La Butte et de Mgr Leen, dans la capitale, étaient comprises dans le tracé du métro, on se posait des questions quant aux autres parties de la capitale qui constitueront son itinéraire. Le Mauricien est allé prendre connaissance, de manière plus précise, des endroits qui verront passer ce nouveau moyen de transport dans l’île. Soit, de la Place Victoria à Camp Benoît. Dans la région de La Butte, la démolition partielle des maisons annonce déjà le début prochain du chantier. De l’autre côté, à Camp Chapelon, près du premier pont du chemin ferroviaire, des habitants concernés par le tracé ne sont pas encore sûrs de la partie de terrain dont ils devront se séparer.
Selon des sources bien informées, d’après le plan du tracé du métro dans la capitale, ce moyen de transport desservira deux gares à Port-Louis, soit à la Place de l’Immigration et à l’ancienne gare de train, où se trouve le bâtiment en pierre, au Caudan, et qui sert actuellement de parkings à la firme IBL. Cette gare sera connue comme la gare Victoria. De la Place Victoria, le métro passera sur pilotis devant le kovil se trouvant près du rond-point de Caudan, survolera la passerelle de Caudan pour ensuite passer juste à côté du bâtiment Peninsula (Top FM), pour poursuivre sa route rue Lafleur. Toujours sur pilotis, le métro poursuivra son itinéraire au-dessus du garage RDS, rue Motais. De là, il survolera l’ancien marché de La Butte, qui ne sera, soit dit en passant, pas démoli, pour monter jusqu’à ce qui était la maison des Rujubali, rue Mgr Leen. De la rue Mgr Leen, le métro longera le flanc de la montagne, poursuivra en passant derrière le Centre culturel chinois et le Rajiv Gandhi Science Centre pour rejoindre la Old Moka Road, Plaine Lauzun, où il passera au-dessus de l’espace autrefois occupé par Automart, en face de l’usine de savons. Juste devant celle-ci, ce qui était jusqu’à dernièrement un petit jardin d’enfants cédera l’espace au métro, qui survolera l’autoroute pour contourner vers la gauche, juste devant le CEB. Il passera en parallèle à la station du CEB, rue connue comme “chemin rail”. De là, le métro passera sur l’ancien pont, soit le premier pont du chemin ferroviaire pour ensuite se diriger vers Grande-Rivière-Nord-Ouest et ensuite vers la montée S et Camp Benoît pour rallier Richelieu. À Camp Benoît, le projet ne devrait pas être réalisé sur pilotis.
Déjà la semaine dernière, rue Motais, près de La Butte, la Wastewater Management Authority (WMA) procédait au marquage des tout-à-l’égout un peu partout afin que les constructeurs puissent les identifier. Dans cette même rue, deux blocs de maison partiellement démolis annoncent l’imminence du chantier. De même, rue Lafleur, les anciens habitants de cette maison donnant sur l’autoroute ont déjà déménagé malgré eux pour laisser place au développement. Si les arbres fruitiers de cette ancienne cour familiale sont encore là, les autorités elles, ont déjà marqué leur territoire en détruisant en partie le bâtiment.
Rue Motais, le garagiste Darma Ramasawmy doit partir incessamment. Malgré toute la difficulté que comporte, selon lui, ce déménagement, celui qui occupe les lieux depuis 40 ans dit ne pas être contre le développement et être d’accord pour quitter les lieux. Toutefois, il plaide pour que le gouvernement revoie à la baisse le coût du bail dont il devra s’acquitter une fois qu’il occupera le nouveau terrain non loin que le gouvernement lui a trouvé. « Le gouvernement m’a donné un terrain à bail. Je vais devoir payer Rs 75 000 par an alors que, jusqu’ici, je payais Rs 480. C’est beaucoup, d’autant que j’ai des employés et que le travail a diminué. Si je paye et que j’ai la garantie que le terrain sera pour moi dans 20 ans, c’est concevable. Mais il n’a pas été question de cela », dit-il.
À la Old Moka Road, juste avant d’accéder à l’autoroute, un espace qui servait jusqu’à récemment à un petit jardin d’enfants a déjà vu les jeux être enlevés en vue du projet Metro Express. Une habitante de la localité depuis 60 ans regrette qu’il n’y ait « ici aucun lieu de distraction », précisant ne pas être contre le développement. « Il n’y a jamais eu de projet ici. Nous devons emmener nos enfants à Marie-Reine-de-la-Paix ou aux Salines. Quand le métro viendra, nous saurons vraiment si cela vaut la peine. Certaines personnes ne peuvent pas entendre le bruit des motos devant leur porte. Maintenant, entendre des trams passer devant sa porte… », dit-elle.
Plus loin, vers l’ancien pont du chemin ferroviaire, après le CEB, à Camp Chapelon, une habitante de rue Robert Stein a appris, il y a deux semaines seulement, qu’elle devra céder une partie de son terrain. Toutefois, elle dit ne pas avoir une idée précise où et combien exactement. « En 2015, on a reçu une notice. Mais comme pour les dernières élections, on avait annoncé qu’on n’irait plus de l’avant avec ce projet, j’ai déchiré les lettres. Puis il y a deux semaines de cela, on m’écrit pour me dire de me référer aux anciennes lettres », explique-t-elle. Son voisin, lui, déplore que, depuis l’ancien gouvernement, « on est venu effectuer des marquages sur mon mur pour délimiter l’espace que l’on doit céder ». Il ajoute : « Mais depuis, on en a fait quatre. Ils ne sont jamais pareils ! » Réticences des habitants ou pas, le gouvernement est bien décidé à aller de l’avant avec le projet.