MMM -Paul Bérenger : « L’absence de mandat gouvernemental à l’origine de tous les problèmes »

« Pas d’accord avec une politisation à outrance de problèmes découlant du “Tramway Express” », dit le leader du MMM

Le leader du MMM, Paul Bérenger, attribue tous les problèmes associés au projet Metro Express, qu’il persiste à appeler « Tramway Express », au fait que « le gouvernement ne dispose pas de mandat pour la réalisation de ce projet ». Déplorant que la réalisation du projet ne soit pas effectuée dans le dialogue, il souligne que les parlementaires ainsi que les candidats du MMM « étaient présents » sur les lieux lors des incidents qui se sont produits à Barkly et à La Butte, avant de préciser que le MMM, qui « travaille en équipe », s’oppose « à une politisation à outrance » du « Tramway Express ».
« Nous condamnons non seulement la façon de faire du gouvernement, mais également son incompétence », a déploré dès le début le leader du MMM, rappelant avoir réclamé le dialogue avec toutes les personnes concernées dans le cadre de la réalisation du projet Metro Express. C’est en raison de cette absence de dialogue, dit-il, « que des ministres ont dû se sauver, la queue entre les jambes, de Barkly ». Il a d’autre part estimé que l’utilisation de la force policière et de la SMF « pou kraz isi, kraz laba » est « très mauvaise » pour l’image de la force policière. Interrogé par des journalistes au sujet de son absence à La Butte et à Barkly, Paul Bérenger a rétorqué qu’il « n’y a pas eu d’absence ». Il poursuit : « Les députés et les candidats concernés étaient présents sur les lieux. Je vous rappelle qu’il y a quelques semaines, j’avais lancé un appel au dialogue entre les parties concernées. Quant à nous, nous faisons notre travail comme une équipe. Je ne suis pas en faveur d’une politisation à outrance de ce problème. Nous savons qui sont les responsables de cette politisation. »
Pour Paul Bérenger, « l’absence de mandat » du gouvernement pour réaliser le projet Metro Express, n’est pas anodine à ce qui se passe. « L’Alliance Lepep avait mené campagne contre ce projet aux dernières élections générales. Par conséquent, l’électorat se sent trompé et abusé par ce qui se passe », dit-il, estimant que les membres du gouvernement doivent pendre cela en considération car « ils rencontreront beaucoup de problèmes à cause de cela ». Il a par ailleurs évoqué la situation « burlesque » consistant « à renvoyer les personnes que le gouvernement avait lui-même nommées » après les élections.
Revenant sur le « Tramway Express », Paul Bérenger a estimé que « pour faire de ce projet un succès, il faudrait une grande intégration et une grande coordination entre, d’une part, le “tramway” et, d’autre part, les autobus, les taxis, les piétons et ceux utilisant d’autres moyens de transport, dont les bicyclettes ». Il y a, selon lui, « beaucoup d’exemples pour illustrer cela », citant les cas de l'Allemagne et de Singapour, « où les promoteurs ont réussi cette coordination et ont assuré l’esthétisme » de leurs projets. « L’exemple d’Édimbourg, choisie par les promoteurs mauriciens, est le pire exemple dans ce domaine. Non seulement la réalisation du projet a pris deux fois plus de temps, mais il a aussi coûté deux fois plus que le montant initialement prévu. Pire : le gouvernement a institué une mission d’enquête qui a coûté quelque 3,7 millions de livres sterling à ce stade », a souligné Paul Bérenger, affirmant qu’aucun projet « n’a “fix price” au début comme à la fin ». Ce qui lui fait dire que le projet Metro Express coûtera « beaucoup plus que les Rs 18,8 milliards » prévues. De plus, dit-il, « si comme à Édimbourg, le “Tramway Express” fonctionne à 25% de sa capacité, ce sera une catastrophe financière et budgétaire ». Par conséquent, il a renouvelé sa demande à Nando Bodha de publier « au plus vite » l’Updated Report réalisé par les consultants singapouriens.
Concernant l’économie du pays, Paul Bérenger a fait part de son inquiétude quant à son évolution. Depuis le budget qui, selon lui, « ne comprenait pas de mesures susceptibles d’apporter une croissance soutenable », la situation « s’est détériorée », selon lui. « Le secteur de l’exportation, l’industrie sucrière, l’industrie du thon et le secteur des services financiers sont en pleine crise. » Et d'observer que la baisse de 50 points de base du taux d’intérêt directeur « ne va nullement stimuler les investissements, mais entraînera une hausse de l’inflation qui se fera ressentir dans le courant de l’année et est annonciateur d’une dépréciation de la roupie ». Pour lui, la MPC n’a pas pris en compte les avertissements lancés par le FMI. Il considère également que cette instance, composée de trois membres de la Banque centrale et de cinq membres nommés, « a perdu sa crédibilité ». Il ajoute : « Les cinq nominés ont fait en sorte que l’institution de la MPC perde son indépendance. »
Sur le plan politique, il a répété qu'il « n’y a pas et il n’y aura pas de rapprochement avec le MSM », avant d’expliquer que le MMM continue de travailler sur la liste des 60 candidats pour les élections générales, précisant que la liste publiée dans la presse n’est pas celle du MMM. « La liste est exacte dans certains cas, soit la majorité, mais inexacte dans d’autres », a-t-il dit. Il a ensuite annoncé que des pourparlers sont en cours avec Sheila Bunwaree, qu’il rencontra cette semaine, mais qu’il « n’est pas vrai de dire que son adhésion déplaît à un membre influant du MMM ». Il poursuit : « D’autres personnes s’apprêtent à se joindre au MMM mais devront tous suivre les procédures prévues par le parti. »
Sur le plan international, Paul Bérenger s’est réjoui que les différends entre la Chine et l’Inde, concernant une région de l’Himalaya, aient été résolus lors d’une rencontre entre le Premier ministre indien et le président chinois à l’occasion d’une réunion du groupe des pays émergents, les BRICS. Il a en revanche condamné les violences perpétrées aux Rohingyas, en Birmanie, rappelant que plusieurs prix Nobel de la Paix, dont Desmond Tutu, ainsi que le pape François et le secrétaire des Nations Unies, Antonio Guterres, ont écrit à Aung San Suu Kyi, également prix Nobel de la Paix, pour demander à cette dernière d’intervenir. Et d'observer que la conférence parlementaire qui s’est tenue à Bali la semaine dernière a également condamné les violences envers les Rohingyas, Paul Bérenger se demandant quel parlementaire mauricien avait participé à cette réunion et quelle position ce dernier avait adoptée.