L`idée, l`envie de Roberto Reine de Carthage (ex-percussionniste, membre fondateur du groupe Blackmenbluz et directeur de Mouv Production) c`est de retrouver la magie des concerts live et des fêtes de quartiers comme le récent One Man Show`z au Baz’Art de Mahébourg. Pour promouvoir la musique issue d`une nouvelle mouvance, Roberto prépare soigneusement des concerts qui permettent à des jeunes talents et d`autres plus-que-confirmés d`affirmer la force de leur art devant un public enthousiaste et attentif. Roberto ne veut pas faire quelque chose de trop « mainstream » car il s`entoure toujours d`artistes qui sont porteurs d`un message de paix, de solidarité et d`union. Notre homme croit fermement que les artistes sont investis d`une mission et peuvent éveiller les consciences. Ce qui capte l`attention chez le directeur de Mouv, c`est sa profonde humanité. Avec dans son équipe Géraldine Secondis, chargée de com et le directeur artistique Damien Bathurst, Roberto a organisé une dizaine de concerts à Maurice, une tournée du groupe Five à la Réunion, deux avec le groupe réunionnais Warfield (métal) et récemment la première saison d`un show hilarant. Fort de l`expérience acquise avec Blackmenbluz, il a créé un réseau d`artistes pour promouvoir la musique mauricienne à travers des projets rassembleurs. Car, dit-il, la musique actuelle à Maurice est très riche et reconnue à l`étranger par des ambassadeurs au charisme d`un Eric Triton. Pour le meilleur et pour un renouveau de la musique à Maurice (acoustique, fusion, jazz, blues) Roberto Reine de Carthage passe à la moulinette ceux qui font une musique différente ( Manu Desroches, Hans Nayna, Lionel Permal, Linley Constant, Zulu, Steve Laridu et bien d`autres) et aussi des questions d`actualité. Regard parfois décapant mais des plus salutaires. Notre interlocuteur, faut-il le préciser, est un grand amateur de musiques noires aux mille et une fusions : acoustique, jazz, blues en kreol. En effet, rares sont les musiciens qui projettent toutes les couleurs du monde dans leur art. Roberto a sa place auprès de ceux qui veulent faire exister, contre modes et diktats, la grande musique fusion qui, selon lui, est le reflet de la musique mauricienne. Il valorise les textes superbes, scandés, swingués qui célèbrent l`union. Il recherche aussi, chez les musiciens, la richesse harmonique et la diversité rythmique qui n`ont que peu d`égal. Quand Roberto s`exprime sur son activité artistique, il l`envisage en termes on ne peut plus clairs. Le respect de l`art et de la musique en particulier est primordial. L`artiste est un acteur et un pilier de l`économie et Roberto demande qu`on lui accorde la considération qu’il mérite. Ce père de deux enfants qui a fait ses débuts comme technicien, a travaillé dans le tourisme et qui s`est impliqué dans de nombreuses campagnes sociales sur fond de mauricianisme, milite pour le respect et le droit égal pour tous. A l`étranger, être artiste, être différent est un atout pour la personne alors qu`à Maurice c`est plutôt un handicap, certaines portes restent fermées, dit-il. Le regard porté par la société mauricienne sur les artistes est parfois péjoratif. Les musiciens mauriciens sont pour Roberto des interprètes de l`expérience noire dans son sens large. Il y a des choses dans cette expérience qui, bien que non explicitement politiques, montrent une volonté de changer les choses. Cet accent sur la collectivité, sur l`unité, l`action, le renouveau, revient régulièrement dans le discours de Roberto. On n`oubliera pas les partenaires privés qui font beaucoup pour la musique mauricienne et d’autres comme Jorez Box, Culture Events, Le sapin Café Culture, Le Tamarin Hôtel, Baz Art etc. Tous ont cet idéal qui in fine font toujours avancer la musique.