Dès cet après-midi, la bataille pour le paiement de la compensation salariale entame une nouvelle étape. En effet, le ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo, devait ouvrir les négociations tripartites à 15 h en vue de décider du quantum de la compensation salariale payable à partir du 1er janvier prochain. Deux faits incontournables retiennent l’attention, le taux d’inflation pour cette année, estimé à 1,5 %, bien inférieur au trigger point de 5 %, et ensuite l’exclusion des fonctionnaires et des employés du secteur public de l’exercice vu que la publication du rapport du Pay Research Bureau est prévue pour le premier trimestre de l’année prochaine. Au sein du mouvement syndical, l’on est déjà sur le pied de guerre avec les premières propositions chiffrées.
Ainsi, l’ensemble mouvement syndical a ajusté son tir pour réclamer le paiement d’une compensation salariale uniforme de Rs 500 à tous les salariés indistinctement, qu’ils soient du secteur public ou du privé. En sus, les syndicats réclament le paiement d’une compensation additionnelle de Rs 200 à tous les salariés touchant moins de Rs 14 000 par mois. Justifiant cette demande dans la conjoncture, les syndicalistes, dans un mémoire soumis aux autorités, font état de l’urgence de « gradually correct the overall loss of purchasing power incurred by the working people under the Ramgoolam’s Regime. During the previous regime neo-liberal policies, the working people has suffered massive erosion of their purchasing power, as the salary compensation mechanism under compensated the working people ».
Sur la base des données officielles de Statistics Mauritius, les syndicalistes font ressortir qu’en dépit de la compensation de Rs 600 du début de cette année, le ménage moyen a accusé une perte du pouvoir d’achat accumulée de Rs 7 517.17 de 2010 à 2015. Une autre raison avancée pour soutenir la demande d’une compensation salariale en deux volets à partir de janvier 2016 est la nécessité de redresser la tendance chronique sur le plan des inégalités sociales.
Avec l’évolution du GINI Coefficient de 2006 à 2012, les syndicats attirent l’attention des autorités sur le fait que « the share of wealth going to the 20 % poorest section of the population is declining. In 2006, the share was 6.1 %, whereas in 2012 it has declined to 5.4 %, which is the lowest share since 20 years. In contrast the share of wealth appropriated by the top 20 % of the population is increasing. It rose to 47.4 % in 2012, as compared to 45.6 % in 2006, and 44.2 % in 1996 ». Dans le document, les syndicats font un plaidoyer en soutenant que « as recognised by the Lalyans Lepep government, the establishment of a national minimal salary is a social and economic justice imperative. A national minimal salary is also a necessity as there are serious inequities in salary distribution both at vertical and horizontal levels in Mauritius ». De ce fait, ils soutiennent qu’un salaire minimal de Rs 14 000 est un objectif national à cibler.
En conclusion, les syndicats affirment que « the payment of a salary compensation is a pre-condition of an economic activity where human labour is involved. It is not a variable, it is a constant, like the payment of salaries at the end of the pay period ». Les propositions, disent-ils, ont pour but de « break from the conservatism of economic elites imprisoned as they are, in the old cheap-labour paradigm, to pave the way for a transition from low wage economy to a decent wage economy and society ».
De son côté, Rashid Imrith, président de la General Government Services, demande au gouvernement de rectifier le tir par rapport à l’exclusion des employés du secteur public au sujet du paiement de la compensation salariale. « Under the above circumstances, employees of the Public Sector who are governed under PRB Reports will be deprived of salary compensation for rise in CPI up to the time salaries of the 2016 PRB report become payable. This will restrain concerned employees from recouping their loss in purchasing power with a view to restabilising their standard of living up to the time the new Salary recommendations become payable », fait-il comprendre en ajoutant que « it would be inequitable and discriminatory to burden employees of the Public Sector with a degraded purchasing power and standard of living from January 2016 up to the time the new PRB salaries can be paid ».
Rashid Imrith préconise le paiement de la compensation salariale à tous les employés du secteur public à partir du 1er janvier avec des ajustements lors de l’entrée en vigueur des nouveaux salaires dans le rapport du PRB.