La National Trade Union Confederation (NTUC) déplore la formule adoptée cette année pour le comité tripartite sur la compensation salariale. Elle regrette que le Premier ministre et ministre des Finances n’ait pas écouté leurs propositions avant de se rendre à la réunion technique. De même, le montant proposé pour le salaire minimum est « inadéquat », selon la confédération, qui dénonce également le fait que le rapport complet n’a pas été soumis aux syndicats pour étude. La NTUC souhaite également que les amendements annoncés aux lois du travail se concrétisent et que le projet de loi soit débattu avant d’aller au parlement.
Pour Radakrishna Sadien, président de la confédération, le comité tripartite « ne devrait pas se tenir uniquement pour la forme ». Il regrette que cette année, les discussions ont démarré avec le comité technique et que le Premier ministre et ministre des Finances n’ait pas jugé utile d’écouter les représentants des travailleurs auparavant. Il dénonce également les tentatives du patronat d’abolir le NRB, le PRB et le comité tripartite pour une nouvelle institution. Selon lui, l’écart entre les travailleurs « ne cesse de grandir » alors que le pays progresse au niveau du développement.
Concernant la Negative Income Tax, il relève que « c’est la population qui est en train de soutenir le secteur privé » à travers cette mesure. « Je souhaite que le gouvernement et le secteur privé joueront le jeu en ce qui concerne la compensation salariale. D’autant qu’il y a des coïncidences entre la tenue du comité tripartite, l’application de la Negative Income Tax et le rapport sur le salaire minimal qui vient de tomber. »
À ce sujet, Radakrishna Sadien regrette que les membres du conseil n’aient pas eu une copie du rapport pour l’examiner avant de se prononcer sur les propositions. « Est-il possible que les membres d’un board doivent se contenter d’un executive summary projeté sur l’écran ? Qui plus est, le conseil avait un an pour soumettre son rapport, mais le président s’est empressé d’en produire un en neuf mois. » Ce qui inquiète également le syndicaliste, c’est que la loi dit qu’il faut un consensus sur le montant du salaire minimal, dans le cas présent, Rs 8 500, autrement, il faut procéder au vote. « Dans ce contexte, le gouvernement et le secteur privé sont rassurés car ils sont en majorité, comme nous l’avions déjà dénoncé au départ. »
Par ailleurs, le président de la NTUC rappelle que le gouvernement avait promis des amendements aux lois du travail. « Ceux-ci se font toujours attendre alors qu’on sait qu’ils ne sont pas en faveur des travailleurs. » Il invite ainsi le gouvernement « à assumer ses responsabilités » et à venir avec les amendements au plus vite. « Comment se fait-il que les investisseurs ont toutes sortes de facilités alors que les travailleurs sont exploités ? » De même, dit-il, ces amendements doivent circuler pour discussions avant d’être débattus au parlement.
De son côté, Narendranath Gopee, secrétaire de la confédération, dit attendre le rapport sur la réforme du secteur public. Il affirme que la consultante canadienne avait promis de remettre une copie du “draft” aux syndicalistes après avoir écouté leurs suggestions. Ce dernier insiste sur la réforme de la Public Service Commission qui, selon lui, « travaille dans l’opacité ». Il dénonce également la délégation de pouvoir aux ministres pour certains recrutements, ce qui compliquerait davantage la situation.
Deepak Benydin insiste, lui, pour que le Public Service Bill concerne également les corps parapublics. « Souvent, quand on quitte une compagnie d’Etat pour un autre, on doit recommencer à zéro. Dans ce secteur également, il y a des contractuels et si on a moins de dix ans de service, on n’a pas de compensation en cas de fermeture. »