Le compte à rebours dans la Preliminary Inquiry sous la Prevention of Corruption Act (PoCA) dans l’Euro-Loan Saga de 1,1 million d’euros octroyé par la State Bank of Mauritius à l’ancien ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo, a bel et bien été enclenché depuis le week-end. Les indications recueillies de sources concordantes sont que la State Bank of Mauritius Ltd, qui collabore jusqu’à maintenant à l’opération Goldfinger, nom de code de cette affaire, a déjà transmis à l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) les dossiers et fichiers de cet emprunt de Rs 45 millions avec des intérêts de 1,5% au terme du Judge’s Order émis, jeudi dernier, par le juge Iqbal Maghooa, siégeant en référé. La prochaine étape devra être les premières convocations formelles pour des auditions Under Warning au QG de l’ICAC du Réduit Triangle. En parallèle, une autre enquête avec un background aussi accablant, soit le contrat pour l’élaboration d’un e-Health Platform alloué par la State Informatics Ltd à la société Infozen Consulting Ltd, dont le promoteur n’est autre que le fils de l’ancien ministre des Finances, est déjà en bonne voie avec le dossier déjà placé sous séquestre par les limiers de l’ICAC. De son côté, par voie de Postings sur Facebook, le nouveau chef de la diplomatie a confirmé une nouvelle semaine de congé de maladie à partir d’aujourd’hui « suite à une troisième rechute ».?Des recoupements d’informations effectués par Le Mauricien auprès de différentes sources indiquent que la State Bank of Mauritius a exécuté depuis la fin de la semaine dernière les ordres de la Cour suprême avec la levée du secret bancaire. Les documents, inclus dans le Judge’s Order, allant de l’Application Letter de Vishnu Lutchmeenaraidoo pour ce prêt de 1,1 million d’euros aux Minutes of Proceedings du Credit Committee de la banque ou tout autre Standing Committee, ayant traité cette demande, y compris des Board Proceedings en passant par le Pay Slip du ministre de même que les détails des décaissements, soit de 400 000 euros, à ce jour, sont en possession de l’escouade de l’ICAC, constituée pour les besoins de cette enquête.
La priorité de la Commission anti-corruption est de démarrer un Forensic Auditing des procédures suivies dans le cadre de l’octroi de cet emprunt en vue de soumettre un rapport complet au board de l’ICAC pour clore l’étape de la Preliminary Inquiry et décider s’il y a lieu d’enclencher celle au sujet des « further investigations » sous la section 7 de la PoCA, notamment le délit de « public official using his office for a gratification ». En parallèle, les premières des convocations pour des auditions au QG de l’ICAC sont déjà « in the pipeline ».
À ce stade, les premiers concernés par cet exercice sont les officiers de la State Bank of Mauritius ayant traité la demande d’emprunt de 1,1 million d’euros soumise par ce High Net Worth Client de la banque, et de surcroît une VVIP, vu la position du ministre des Finances dans la hiérarchie gouvernementale. Ces représentants de la banque seront entendus sur les procédures établies pour l’octroi de prêts à des clients de cette catégorie en vue de confirmer s’il y a eu des écarts dans le cas faisant l’objet d’enquête. L’ICAC tentera de confirmer si c’est la pratique d’inclure la provision que « the charge shall be unregistered at the discretion », avec pour conséquence que les propriétés immobilières du ministre Lutchmeenaraidoo ne sont pas assujetties à ce prêt au préjudice de la banque.