Dans le sillage de la prochaine session annuelle de la Commission de Thon de l’Océan Indien (CTOI), l’Union européenne (UE) a suggéré de limiter le nombre de dispositifs de concentration de poissons (DCP) à 550 par navire. La prolifération de cet outil de pêche dans la région inquiète depuis longtemps les mouvements écologiques, car elle est jugée « destructrice. » Greenpeace trouve toutefois « déconcertante » cette proposition de l’UE.
L’utilisation des dispositifs de concentration de poissons (DCP) pour la pêche au thon dans l’océan Indien sera désormais mieux contrôlée. Cet outil de pêche flottant a pour but de concentrer les poissons dans le voisinage ce qui permet par la suite aux senneurs de les pêcher plus facilement. Les prises sont ainsi optimisées, mais les militants écologiques déplorent le fait que d’autres espèces protégées, comme les tortues de mer, sont aussi prises dans les filets.
Le comité scientifique de la CTOI a recommandé la mise en place d’un groupe de travail ad hoc sur les DCP, dérivants et ancrés, afin d’évaluer « les conséquences du nombre et de l’évolution technologique des DCP dans les pêcheries de thons et sur leurs écosystèmes. » Cette démarche cadre avec les dispositions de la Convention des Nations unies sur les droits de la mer relatives à la conservation et à la gestion des stocks de poissons chevauchants et des stocks de poissons grands migrateurs (UNFSA).
En vue de la prochaine session annuelle de la CTOI qui se tiendra à la fin de ce mois en Corée du Sud, l’UE, qui a des accords de pêche avec les pays de la région, suggère de limiter les DCP à 550 par bateau. Certains milieux souhaitent que cette résolution soit adoptée, en raison de la « prolifération incontrôlée » des DCP dans l’océan Indien.
Toutefois, l’organisation internationale Greenpeace, qui suit ce sujet de près et a à maintes reprises déploré les effets néfastes des DCP, juge cette proposition « déconcertante. » Dans un communiqué émis cette semaine, Greenpeace souligne : « D’après une étude publiée par le Parlement européen en 2014, il y aurait environ 91 000 DCP déployés à travers le monde… Or, si les 678 gros thoniers senneurs pêchant à plein temps le thon tropical décidaient de s’équiper de 550 DCP chacun, on compterait alors plus de 370 000 de ces engins dans l’océan. »
Greenpeace ne manque pas de souligner non plus que lors de la dernière session de la CTOI, l’UE avait « rejeté une proposition de l’île Maurice de limiter le nombre de DCP à 200 par navire. » De même, l’organisation se demande si les thoniers senneurs français qui affirment se limiter à 200 DCP actuellement devront revoir leur chiffre à la hausse si cette résolution est adoptée.
Toujours est-il qu’un contrôle et une évaluation de l’impact des DCP dans la zone océan Indien sont en cours. La Commission Internationale pour la Conservation des Thonidés de l’Atlantique (ICCAT) et la Commission de Pêche du Pacifique Ouest et Central (WCPFC) ont déjà approuvé la mise en place de groupes de travail sur les DCP à leurs sessions 2014. La CTOI souhaite travailler conjointement avec les autres groupes, du moins l’ICCAT.