La présidente de la République, Ameenah Gurib-Fakim, a lancé le programme de bourses pour une formation menant à un PhD et portant son nom hier, à la State House, en présence du philanthrope et homme d’affaires angolais Alavro Sobrinho, également président du Planet Earth Institute (PEI) à qui revient l’initiative de ce projet en collaboration avec la Bill and Melinda Gates Foundation. À travers le Ameenah Gurib-Fakim PhD Scholarship Programme, lancé sur une base pilote à Maurice, dix étudiants mauriciens bénéficieront d’une bourse d’études.
Dans une déclaration à la presse, la présidente de la République précise qu’en se fondant sur la réalité qui présente un décalage entre la formation dispensée et les besoins des pays africains, dont Maurice, pour assurer un développement durable, le programme propose des PhD de recherche mais aussi des PhD professionnalisants. « Pour cela, il y a un partenariat avec le secteur privé. Nous voulons que les étudiants soient employés avant qu’ils aient terminé leurs diplômes », soutient-elle, en insistant qu’il est important d’avoir cette « brain circulation » car elle permettra à la diaspora de bénéficier des expériences et des talents divers. Ameenah Gurib-Fakim ajoute que les bourses sont ouvertes aux étudiants détenteurs d’une licence ou d’une maîtrise et qui sont doctorants dans un des secteurs considérés importants pour le continent et pour le pays. Ils concernent l’eau, l’agriculture et l’énergie, parmi d’autres. La santé est un secteur tout aussi important, surtout lorsqu’il touche les « neglected diseases ». La présidente cite dans ce cadre la maladie du sommeil, par exemple, transmise par les mouches tsé-tsé. Elle affirme qu’il est important de mettre en place une infrastructure appropriée et la nécessité de renforcer des capacités car elle estime qu’avec le changement climatique, les risques de l’émergence des maladies infectieuses sont grands. Pour le secteur de la santé, le PEI travaille en étroite collaboration avec la African Academy of Sciences qui elle-même est en partenariat avec des universités et centres de recherches africains et britanniques.
Il est important que le continent produise de la connaissance, soutient Ameenah Gurib-Fakim. « Quand on sait que 12 % de la population mondiale (ndlr : le continent africain) produit moins de 1 % de la masse de connaissance à travers le monde, on ne peut plus se contenter de cela ». Elle observe que pendant trop longtemps, « rien n’a été fait pour retenir les cerveaux sur le continent ».
La présidente inscrit cette initiative dans le cadre d’une démarche pour retenir les talents africains sur le continent en leur pourvoyant la possibilité et les outils nécessaires pour répondre à ses besoins. Elle met aussi l’accent sur l’importance de créer une culture d’entrepreneuriat parmi les jeunes car, observe-t-elle, « tous les ans, 11 millions de diplômés arrivent sur le marché du travail sur le continent africain et à Maurice et il est impossible pour les gouvernements de leur procurer du travail ». De plus, elle est d’avis qu’on ne peut laisser pour compte tous ces jeunes de 19 à 26 ans, d’où l’importance de travailler en partenariat avec le secteur privé également. Elle lui lance un appel pour pouvoir offrir une formation de qualité aux jeunes.
Alavro Sobrinho a quant à lui affirmé tout son soutien pour la réussite de ce programme qui permettra de répondre aux besoins du continent et donnera un éclairage aux recherches effectuées dans le cadre de son développement durable. Le programme de bourses de doctorat Ameenah Gurib-Fakim prévoit de toucher 10 000 jeunes africains d’ici à 10 ans. Les applications sont ouvertes et les formulaires sont disponibles à l’adresse suivante : agfscholarship@pei-foundation.mu. Une première liste sera arrêtée le 31 mai, la sélection finale se fera le 30 juin et les travaux de recherche devront commencer le 1er septembre de cette année pour une durée de quatre ans.