Intervenant lors de sa conférence de presse hebdomadaire hier au Hennessy Park Hotel, Ébène, le leader du MMM, Paul Bérenger, a demandé au gouvernement de rendre public les détails du projet de la création d’un port de pêche à Bain-des-Dames. Cela pour des raisons de sécurité nationale, a-t-il précisé. Il a aussi commenté d’autres sujets d’actualité.
« Après le cas d’Agaléga, dans lequel nous demandions au gouvernement de rendre public le Maritime Security Agreement que Maurice a signé avec l’Inde, de même et pour les mêmes raisons de sécurité nationale, nous demandons au gouvernement de rendre publics les détails du projet de la construction d’un port de pêche à Bain-des-Dames, à l’entrée même du port, par une compagnie privée chinoise, la LHF Marine Development Ltd, et financé par la China Development Bank, l’executive arm du gouvernement chinois », a lancé Paul Bérenger, entouré de son secrétaire général, Ajay Gunness, et d’autres proches collaborateurs.
« Construire un port à l’entrée même de notre unique port pour la pêche au thon alors que les bancs de thons ne passent pas dans nos parages n’est pas crédible », a martelé le leader du MMM. « Gouvernma bizin donn tou le detay ».
Selon le leader des mauves, ce projet de port à Bain-des-Dames soulève plusieurs questions relatives à la sécurité nationale. « Dans une déclaration de presse, le représentant local de la LHF Marine Development Ltd a révélé qu’il a obtenu toutes les autorisations nécessaires pour son projet. Quand ? Comment ? Bien « disturbing » ki fer enn port divan nou unik port. Au nom de la transparence, gouvernma bizin donne tou detay ».
Paul Bérenger a ensuite dressé un parallèle entre la passation de pouvoir de Premier ministre entre les Jugnauth père et fils et celle entre l’ancien président seychellois James Michel, après sa défaite aux législative d’octobre 2016, pour passer le flambeau à son successeur Danny Faure, toujours sans passer par des élections. « Enn konparezon amizan. Isi nous ena deal papa-piti ki malsin, imoral kot Pravind Jugnauth pena lezitimite politik ni enn l’otorite moral ».
Le leader du MMM a ensuite commenté un jugement de la Cour suprême sur la protection des données informatiques qui est tombé hier. « Les juges indiens ont plaidé pour le développement de l’économie digitale toute en renforçant la protection des données personnelles des citoyens. Maurice devrait s’inspirer de ce jugement, car la Cour suprême de l’Inde est une référence au niveau mondial, d’autant que nous avons toute cette polémique sur l’obligation de donner ses empreintes digitales pour l’obtention de la carte d’identité nationale ».
Paul Bérenger s’est d’autre part référé au démenti de la Chambre des Notaires qui a précisé qu’elle n’a jamais été impliquée dans l’octroi des contrats des maisons de la NHDC, contrairement à ce que le vice-PM, Showkutally Soodhun, a affirmé à l’Assemblée nationale. « Cela démontre encore une fois l’affairisme du MSM, mais plus grave encore, que Soodhun a induit l’Assemblée nationale en erreur ».
Commentant par ailleurs l’annulation d’un récent appel d’offres international pour l’installation de l’internet à Rodrigues, le leader des mauves a allégué que « c’est parce que Mauritius Telecom n’a pas eu le contrat, et nous savons tous pourquoi. Tande garde, kit fwa senn fwa la MT pou l’unik soumissionnaire, ek se li ki pou gagne kontra-la », a-t-il lancé comme un défi.
Dans ce contexte, a poursuivi Paul Bérenger, c’est la crédibilité de Maurice au niveau international qui prend un coup. « Nou pe fer di tor a nou kredibilite au nivo international. Okenn firm etranze nepli pou anvi bid pou kontra dan Moris, parski zot pense ki pou ena magouille », s’est-il désolé.
L’intervenant s’est également félicité d’avoir appris que le gouvernement compter revenir sur sa décision de sanctionner par une amende « Fix Penalty » de Rs 500 les passagers des vans ou taxis marrons. « Sa ti pou ankouraz la koripsion », a-t-il expliqué.
Paul Bérenger a trouvé « honteux et scandaleux » que Maurice se soit fait représenter au 37e Sommet de la SADC (19-20 août dernier) par un haut fonctionnaire et non par un haut responsable politique. « Il y avait sept présidents, un vice-président, trois premiers ministres, trois ministres. Maurice est le seul pays qui s’est fait représenter par un haut fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères. Ce n’est pas que ce dernier a démérité. Au contraire, c’est un excellent haut fonctionnaire. Mais cela fait état du peu de cas que ce gouvernement et le ministre des Affaires étrangères, Vishnu Lutchmeenaraidoo, en particulier, font de la SADC et de notre politique étrangère envers l’Afrique. Ce gouvernement a montré son mépris pour la SADC et l’Afrique. C’est triste et honteux ».