2017 tire sa révérence. Avec, dans son sillage, son lot de scandales, éclaboussant un certain nombre d’élus du gouvernement, poussant certains à “step down” et d’autres à être invités à prendre la porte de sortie. Dans la liste, on retrouve l’ancien Attorney General, Ravi Yerrigadoo. Ancien “petit protégé” du clan Jugnauth, qui s’était taillé un rôle de jeune premier dans la saga Dufry-Frydu, l’épisode Soornack et les règlements de comptes post-ère Ramgoolam, avec l’arrivée de Lalyans Lepep au pouvoir fin 2014. Le scandale Bet365 l’aura cependant éclaboussé de telle façon qu’il a dû rendre son tablier, en septembre dernier.

Si l’on reste sur le chapitre des avocats qui ont eu maille à partir avec la justice, cette année, on ne peut décemment occulter le grand défilé des hommes en noir devant la Commission d’enquête sur la drogue ! L’ancien juge et actuel président coriace de cette instance, Paul Lam Shang Leen a cuisiné quelques membres du barreau, et non des moindres ! D’autant que nombre d’entre eux sont relativement très proches du pouvoir… On pense ici notamment à l’ex-PPS Roubina Jadoo-Jaunbocus, devenue ministre de l’Égalité des Genres; Sanjeev Teeluckdharry, Deputy Speaker de l’auguste Assemblée Nationale, ainsi que l’ex-chairman de la GRA, Raouf Gulbul, qui a enregistré un nombre record d’auditions devant Lam Shang Leen et ses deux assesseurs !

Un coup très dur pour le gouvernement en place de voir ainsi des proches du sérail être inquiétés, voire même de prendre leurs distances de postes où ils avaient été politiquement parachutés… Mais ce n’est pas fini. Car début 2018, la Commission attend Me Kailash Trilochun, autre proche du pouvoir, parent du ministre Nando Bodha, et qui avait déjà défrayé la chronique, fin 2016, pour ses honoraires astronomiques (Rs 19 millions, quand même) de l’ICTA.

Dans la foulée, le nombre important de saisies de drogue cette année n’a-t-il pas, au final, créé un record en la matière ? Force est de constater, en effet, que la mafia a bel et bien étendu ses tentacules dans de multiples sphères de la vie économique du pays ! Si sous la férule du ASP Hector Tuyau, les limiers enquêtant pour la Commission ont mis au jour divers axes de blanchiment d’argent, reste, comme le prévient souvent l’assesseur Sam Lauthan, d’autres astuces telles le Bitcoin et Darknet qui sont également des terrains de jeux pour les trafiquants de la mort et leurs complices ! 2018 aidera peut-être à lever le voile sur tout cela…

On retiendra aussi et surtout, durant cette année écoulée, ces lapsus et dérapages verbaux de la part des “honorable members of Parliament”, particulièrement l’ex-VPM Showkutally Soodhun, ainsi que l’avocat Ravi Rutnah. Écarts de langage et écarts de conduite indignes et révoltants de ces élus et qui, au final, dans le cas de Soodhun, lui aura coûté son maroquin ministériel ainsi que sa place sur le Front Bench… Siège qui a été attribué à une femme : Fazila Jeewa-Daureeawoo.

Cette “promotion” a été, bien évidemment, accueillie comme un pas en avant dans le respect et la valorisation des droits des femmes dans notre pays. Un peu comme l’accession de la scientifique Ameenah Gurib-Fakim au poste de Président de la République et la nomination de Maya Hanoomanjee dans le fauteuil du Speaker de l’Assemblée Nationale. Mme Daureeawoo occupe la place du N° 4 du gouvernement depuis novembre dernier. Mais force est de constater qu’elle pratique toujours cette fâcheuse réserve qui l’a toujours caractérisée. Nul n’attend d’elle des marques exubérantes ou des actions éclatantes, évidemment, mais de par son nouveau poste, Mme Daureeawoo gagnerait à faire montre de “leadership” ! Et ce ne sont pas les occasions qui manquent…

Avec ses remaniements ministériels et ses élus fréquemment traînés dans la boue pour leurs bourdes innombrables, le premier gouvernement de Pravind Jugnauth, non-élu au fauteuil du PM, rappelons-le, est constamment fragilisé. Janvier 2018 marquera sa première année comme Premier ministre. Il y a quelques jours, il déclarait que les 24 prochains mois, précédant donc la prochaine joute électorale nationale, seront “différents”. Reste à voir de quelle manière…

Notre nation qui célébrera ses 50 ans d’indépendance en mars prochain, attend, sous son impulsion, enfin ce déclic qui viendrait insuffler une inspiration nouvelle et concrète pour bâtir une Île Maurice meilleure. Mais pour l’heure, le rideau tombe sur une année 2017 davantage triste, humainement, socialement et économiquement parlant.
Pourvu que 2018 tienne ses promesses…