Dans son mémorandum adressé au Premier ministre et ministre des Finances, sir Anerood Jugnauth, dans le cadre de la préparation du budget 2016/17, le Mouvement pour l’Autosuffisance alimentaire (MAA) réclame trois bateaux de pêche semi-industrialisés, la mise en place d’une unité de transformation du poisson et un soutien de l’État à son projet School Bac Organic Gardening (SBOG), lancé dans 25 écoles primaires à travers le pays.
Le Manager de cette ONG spécialisée dans l’agriculture, Éric Mangar, indique que les trois bateaux semi-industrialisés sont destinés à trois sociétés coopératives, soit Bain-des-Dames Fishermen Cooperative Society, Perle-Noire Fishermen Cooperative Society et Egret Bank Fishermen Cooperative Society. « Nous avons soumis au ministère de la Pêche et de l’Économie océanique notre projet, dont le coût s’élève à Rs 21,6 M », dit-il. Les membres de ces trois sociétés coopératives ont de l’expérience dans la pêche sur les bancs. Ils devraient suivre les mêmes pas que les pêcheurs de la Med Fishing Cooperative Society qui ont déjà leur propre bateau et qui ont déjà effectué une quinzaine de sorties en mer depuis 2013. Ils ont rapporté en moyenne 3,5 tonnes de poisson à chaque sortie. Le MAA souhaite que le gouvernement offre un “grant” de 100 % à ces sociétés pour leur permettre de réaliser leur projet. De son côté, l’ONG offrira une formation à la gestion de ces bateaux de pêche.
S’agissant de la mise en place d’une unité de “processing” de transformation de poisson, Éric Mangar indique qu’elle sera utile pour quatre bateaux de pêche qui débarqueront leurs prises à Port-Louis. Le public, dit-il, a de réelles difficultés d’accès au poisson, car les prises sont commercialisées à travers des intermédiaires qui exploitent les pêcheurs en réalisant des profits de plus de 75 % « sans faire grand-chose ». « Les autorités devraient aider ces bateaux de pêche à ne pas dépendre de ces intermédiaires », laisse-t-il entendre. D’où la proposition du Mouvement pour l’Autosuffisance alimentaire pour la mise en place de cette unité de transformation de poisson dans le port en vue d’aider ces sociétés coopératives à transformer leurs prises en respectant les normes et de les commercialiser directement aux détaillants et aux consommateurs.
Sous sa troisième proposition, le MAA a déjà implémenté le projet de School Bac Organic Gardening dans 25 écoles primaires avec le soutien de quelques sponsors au coût estimé à environ Rs 1,8 M. L’objectif est de former les élèves à la sécurité alimentaire et à l’agriculture. « C’est une activité interactive où les élèves jardineront et seront ainsi résilients à la crise alimentaire à l’avenir », fait ressortir Éric Mangar. Il estime qu’une unité de jardinage dans une école représente un laboratoire vivant pour les enseignants et les élèves où ils peuvent comprendre la faune et la flore du sol. « Le coût de ce projet par école est de Rs 60 000 », indique le manager du MAA.