Lors d’une rencontre avec des artistes et des acteurs dans l’industrie créative samedi dernier, le ministre des Arts et de la Culture, Dan Baboo, a pris l’engagement d’appliquer certaines mesures proposées par ceux-là au plus vite. Il a promis de commencer à rencontrer les chefs d’équipe désignés lors de cette rencontre dans un mois. Les artistes attendent beaucoup de cet échange et espèrent qu’il servira de plate-forme pour l’amélioration de leur situation.
“Désormais, le plus gros travail c’est mon ministère et moi qui devons l’abattre. Je vous ai écoutés, il y a des mesures que l’on peut prendre très vite et d’autres qui prendront un peu plus de temps. Dans un mois, je vais commencer à appeler les chefs d’équipe”. C’est avec ces mots que le ministre des Arts et de la Culture, Dan Baboo, a clôturé l’atelier organisé au MGI samedi dernier. Il a aussi promis aux artistes de les recevoir quand ils ont des soucis. “Nimport kisannla ki le enn randevou, avoy enn imel ou enn let, mo pu resevwar zot.” Les artistes et d’autres professionnels du secteur, qui étaient regroupés en différents ateliers lors de cet échange, attendent désormais beaucoup du ministre Dan Baboo. S’étant longtemps plaints que le ministère des Arts et de la Culture fait souvent la sourde oreille à leurs doléances, les artistes entrevoient désormais une lueur d’espoir. “Les attentes sont énormes. J’imagine que dans tous les ateliers c’était comme cela”, affirme Sedley Assonne, qui faisait partie de l’atelier littéraire.
Approche.
Il faut souligner que le ministre a pris le temps de converser avec nombre de participants à cet échange pendant les ateliers. Une approche appréciée par beaucoup et qui alimente davantage leurs attentes quant à la situation de l’art et de la culture. “J’étais agréablement surpris par son discours que j’ai trouvé porteur d’espoir. J’ai assisté aux Assises de la culture organisées par l’ex-ministre Tsang Man Kin et je peux dire que le ton de Dan Baboo n’était pas politicien, c’était un ton d’un ministre de la Culture qui est à l’écoute. J’ai fait plusieurs suggestions, le ministre nous a demandé un mois pour qu’il revienne vers nous, j’ai confiance”, dit Sedley Assonne.
D’autres n’étaient pas totalement satisfaits du travail de groupe entrepris mais voient quand même des signes positifs qui ressortent de cette journée. “Kan l’atelier tine terminé ti ena enn ressenti. Dan bann latelye noun sirtou redir bann zafer ki tinn deza dir. Se ki ti inportan, se gete kifer sa bann zafer la pa ti pe resi. Mo bien kontan ki linn transpirer kan tinn fer bann rekomandasion apre. Li rasiran dan sa manier la, se limplemenation ki important. Tou dimounn pe atann”, confie Alain Moonien, qui était dans l’atelier de l’héritage culturel. Dans tous les cas, chaque personne présente attend beaucoup de cette rencontre. D’ailleurs nombre de groupes ont demandé un renouvellement de ce genre d’exercice  sur une base régulière.
Doléances.
Parmi les points mis en avant, ils ont été nombreux à souligner le manque d’espace où s’exprimer. L’urgence de rouvrir le Plaza et le Théâtre de Port-Louis a évidemment été formulée. Les grants ont été jugés insuffisants alors que la création d’une National Artist Card a été demandée. Une baisse du prix des instruments de musique, jugés trop coûteux, est également réclamée. D’autre part, beaucoup ont critiqué le manque de transparence dans les rejets d’applications. Ils ont demandé que des explications soient données dans ces cas précis. Le ministre a d’ailleurs répondu à ce point lors de son allocution, avançant que désormais, tous les soumissionnaires de projets au ministère “auront un reçu. Si dans 15 jours, ils n’ont aucune réponse, ils auront le droit de venir demander des explications.”
Il faut souligner qu’en quelques occasions, les rapporteurs des groupes ont été très virulents dans leurs propos. “Enn kamarad dir mwa ar e kiltir se lam denn pei. Mo get par isi, mo get par laba, mo truv ar, mo truv kiltir me nam la mo pa truve. Soyons honnêtes, lar e la kiltir pa ekziste dan moris”, devait lancer Sobhanund Seeparsad lors de son interlocution samedi dernier. Avant de déclencher des fous rires avec des expressions désopilantes comme “zordi artis li couma dir enn cok san tet, li galoup partou kan li ena problem.” Reeza Peeroo, qui faisait office de rapporteur pour l’atelier Cinéma, tenait à peu près le même langage. “MFDC pa finn zoue so rol, fode pa ena nomine politik dan sa striktir la. Parey kouma zis enn droge ki kone ki apel kas yen, zis enn sineas ki kone ki ete sinema.”
En outre, dans l’atelier séga, quelques frictions ont perturbé les discussions de groupes avec de nombreux désaccords sur les points à mettre en avant mais aussi sur la langue dans laquelle les doléances allaient être formulées. Le groupe a été le dernier à présenter ses doléances, vers 16 heures, bien après tous les autres.