Après les chauffeurs de taxis d’hôtels, au tour des Tours Opérateurs (TO) de monter au créneau. Les récentes mesures avalisées par le Conseil des ministres risquent de mettre en péril la viabilité de ce secteur. C’est ce que soutient le nouveau président de l’Association of Inbound Operators Mauritius (AIOM), Fabien Lefébure, qui lance un appel au président du comité interministériel, Xavier Duval, pour revoir ces recommandations. Autrement, dit-il, les activités du secteur des réceptifs sont en danger avec des conséquences qui peuvent mener à des pertes d’emploi.
Outre la limitation d’accès aux hôtels par les contract cars, la décision du cabinet ministériel impose aux réceptifs – ou Destination Management Company (DCM) – une nouvelle catégorie de contract cars d’une puissance minimale de 2000cc essence et 2500cc diesel pour le “niche market segment”, offrant un service premium d’un chauffeur compris. Cette nouvelle donne inquiète les TO. Si dans le premier cas, les représentants de ces sociétés, estimant que les hôtels étant des espaces privés pensent donc pouvoir s’arranger, la seconde mesure du gouvernement leur portera préjudice, affirment-ils, parcequ’ils vont devoir investir lourd dans ces nouvelles cylindrées.
Cette décision en date du 7 avril 2016 est en contradiction avec celle du Conseil des ministres du 26 février où il était alors question de l’introduction de« newly licensed contract cars of up to 1800 cc to be exclusively self-driven ». “Comment passe-t-on de 1800cc à 2000cc et 2500cc?”, se demandent les TO, faisant ressortir qu’ils ne savent pas s’il leur faut tenir compte des mesures avalisées par le Conseil des ministres du 26 février ou celles avalisées le 7 avril. Or, les courriers envoyés par l’AOIM pour exprimer leurs griefs au président du comité interministériel depuis le 26 février sont demeurés sans réponse.
Selon le Président de l’AIOM les autorités ont transféré le problème des chauffeurs de taxis sur le dos des réceptifs. Et de préciser que le secteur du réceptif, dont l’AIOM compte 18 membres professionnels et représentant quelque 750,000 arrivées touristiques par an, avec un chiffre d’affaires de plus de Rs 3 milliards et comptant quelque 3000 emplois directs, est un service important dans l’industrie touristique. Pour l’AIOM, les autorités n’ont pas saisi l’importance de ce secteur, en mettant les TO sur un pied d’égalité avec les chauffeurs de taxis d’hôtels. “C’est une erreur fondamentale”, relève Fabien Lefébure, soulignant que “les taxis bénéficient d’avantages, dont les duty free cars ainsi que des faveurs au niveau des frais d’enregistrement, que les TO n’ont pas.” Qui plus est, souligne-t-il.“Il n’y a pas de level playing fields”, Le président de l’AIOM, estime qu’avec les récentes décisions, le gouvernement est en train de creuser le fossé entre les TO et les chauffeurs de taxis.
Pour l’AIOM, il est impératif qu’il y ait une vraie redéfinition du DCM et l’établissement de guidelines pour les taxis.