Sabrina, L’ange et la fleur, Samantha… autant d’ouvrages écrits et relevés par de beaux dessins dont David Olivier a gratifié les lecteurs mauriciens. Il a été un des premiers jeunes à oser parler de l’homosexualité dans L’ange et la fleur. Depuis, David ne cesse d’impressionner. Installé en Belgique depuis quelques années, il revient régulièrement dans son île se ressourcer. Souviens-toi de nous, roman qui a vu le jour après une rupture amoureuse, a aussi été adapté en une chanson, où David prête d’ailleurs sa voix. Fait intéressant, ce morceau a été repris par un jeune musicien étranger, Yoann Marc.
Ses dessins proches du style manga, son écriture à fleur de peau et empreinte de sensibilité… David Olivier est un jeune qui se libère émotionnellement à travers l’écriture. Enfant, il avoue avoir été bercé par le Club et, surtout, Candy, son héroïne, qui l’a inspiré pour les esquisses de Sabrina. « Une fois que mon livre était en librairie, j’ai commencé à vivre mon rêve. Les émois d’une fille de 13 ans ont été très appréciés par les jeunes et les moins jeunes. J’ai eu beaucoup de chance. Ma maxime est “quand on a un rêve, il faut foncer”. » Souviens-toi de nous conte l’histoire d’une petite fée qui croira en l’humanité en tombant amoureuse d’un être humain. « L’idée est venue quand je me suis séparé de la personne que j’aimais. Je me suis demandé ce que je lui dirai si un jour nos regards se croisaient de nouveau. Le titre sonnait comme une évidence, genre “Ne m’oublie pas”. Nous nous sommes revus, mais cela n’a pas collé et j’ai senti que c’était la voie d’un non-retour. »
L’écriture, son équilibre
Dans les doutes, les incertitudes d’un amour perdu, David Olivier ne perd pas pied. Il veut extérioriser ces sentiments, à la fois douloureux, sa colère et veut se reconstruire. Souviens-toi de nous est comme une ode à ces gens qui se sont aimés mais qui ont réalisé qu’ils n’étaient pas fait pour vivre ensemble. Comme un cri de déchirure, David a voulu, lui, romancer son histoire. C’est dans l’avion qui le ramenait à Bruxelles, son autre « chez moi » comme il se plaît à le dire, que David a trouvé le titre qui, répète-t-il, sonnait comme une évidence. « L’amour, tout le monde en parle. Moi, j’ai axé mon écriture sur la peur de cet amour, qui ne durera pas au final. Nous avons deux choix quand nous sommes amoureux et blessés : savoir se retirer à temps pour ne pas souffrir de l’absence de l’autre lorsqu’il ne sera plus là ou rester jusqu’à la fin, pour être sûr de ne pas avoir le regret de ne pas avoir savouré cette histoire pleinement. » Dans les deux cas de figure, David a eu le mérite d’en faire, sans le vouloir, une belle histoire. L’auteur insiste et dira sans détour se nourrir des émotions qu’il vit pour écrire. L’écriture représente donc un havre où il y recueille un certain équilibre pour continuer d’avancer et de persévérer.
Artiste maquilleur à ses heures, David Olivier a composé une chanson portant le même titre que son roman. Il y chante d’ailleurs dans un premier temps avant de passer le micro à Marc Yoann, jeune chanteur prolifique. La voix de Marc posée comme un écrin séduit sur YouTube. « J’ai toujours écrit des ballades, mais j’attendais toujours la bonne mélodie, un texte qui me ressemble », confie David Olivier, heureux de son identité vocale.
Parlant de Yoann Marc, David dira qu’il l’a découvert sur internet et avoir été touché par la sensibilité de sa voix. « Il a répondu à mon message. Un contact s’est noué et j’ai senti qu’il y avait ce lien artistique qui nous unissait. Il m’en a fait une belle mélodie. J’ai sorti le single accompagné du roman et cela a été une belle réussite. » Le métier de chanteur taraude-t-il David Olivier ?? Petit sourire en coin… « Avec Souviens-toi de nous, je n’ai pas eu juste envie de faire le buzz, mais l’envie était là. Je me suis produit dans les bars karaoké à Bruxelles et quelqu’un du milieu musical m’a dit que j’avais une identité vocale. Quand je parle, j’ai l’accent qui fait comme un petit cheveu sur la langue, et c’est cette caractéristique qui apporte une certaine fragilité à ma voix. » David contera ses autres moments, comme sa rencontre au Salon du livre en 2004 avec ses fans mauriciens. Au Festival Passe-Portes, cette année, David Olivier a soumis un texte d’écriture dramatique. « Le fait d’avoir été retenu parmi les 12 finalistes, c’est déjà bien. Si je me retrouve parmi les trois finalistes, ce sera un réel aboutissement. J’attends avec impatience les résultats à la fin du mois d’avril. J’ai écrit pour la circonstance, pure haine, qui peut également être adaptée au théâtre. Cela m’a permis de sortir de mon style romantique et de diversifier mon écriture. Le texte est dépouillé et s’applique bien au décor du concours, mais quoi qu’il advienne des résultats, je publierai cet écrit en forme de roman par la suite. »
David Olivier a des projets plein la tête. Il compte ainsi animer une séance de dédicaces prochainement pour faire la promotion de son livre. Et, s’il y a des sponsors qui veulent bien l’aider, il souhaiterait faire venir Yoann Marc pour une rencontre musicale autour d’un livre.