« Le nombre d’admissions en Form I est en baisse d’année en année dans les collèges privés. » C’est ce que fait ressortir Tejanand Chamroo, manager du collège Universal et vice-président de la Federation of Union of Managers of the Private Secondary Schools.
Cette année encore, témoigne Tejanand Chamroo, « ils sont de moins en moins à demander à être admis dans un collège privé ». Manager au collège Universal à Rivière-du-Rempart, notre interlocuteur indique que le collège obtient environ 240 nouveaux élèves au début de chaque année. Pour 2016 toutefois, Tejanand Chamroo dit craindre de ne pouvoir remplir que la moitié des places disponibles en Form I.
« Cette chute dans le nombre d’admissions a commencé il y a déjà plusieurs années », soutient-il, en avançant trois raisons pour expliquer cette baisse : le nombre de State Secondary Schools (SSS) a augmenté ces dernières années ; plusieurs écoles “grant-in-aid” ont fait leur entrée dans le système ; mais la plus grande raison serait la baisse de la population estudiantine au niveau du Certificate of Primary Education (CPE). Auparavant, indique notre interlocuteur, « ils étaient entre 19 000 et 20 000 enfants à être admis en primaire. Désormais, le nombre a chuté pour atteindre les 12 000/13 000. »
Par ailleurs, Tejanand Chamroo considère que le ministère de l’Éducation pratique une politique à deux vitesses en admettant les meilleurs élèves du CPE dans les écoles d’État. « Il est tout à fait naturel pour les parents de préférer les écoles SSS pour leurs enfants, avant de se tourner sur les écoles privées. Les SSS prennent ainsi les meilleurs élèves et nous nous chargeons de ceux qui ont eu moins de 10 unités aux examens du CPE. Il est ainsi plus difficile pour nous d’obtenir de bons résultats », est-il d’avis.
Le manager du collège Universal ajoute que les conséquences d’une telle situation se font sentir au niveau des résultats du School Certificate (SC), « ce malgré nos efforts ». Toutefois, « certains des élèves sortent du lot et donnent de bons résultats, même jusqu’en Higher School Certificate (HSC) », fait-il ressortir.
« Les SSS ont toutes les facilités d’infrastructures et les meilleurs enseignants à leur disposition. Tandi ki kot nou, pe met baton dan nou larou e sa pe anpes nou fonksion kouma bizin », allègue-t-il. Ce qui, poursuit-il, est contraire à la notion de l’éducation. Tejanand Chamroo relève également le ratio élèves-enseignant, qui est de 40 pour un dans toutes les écoles, y compris celles de l’État. « Il devait être moins élevé dans les écoles privées car les élèves ne sont pas brillants ; il leur faut plus d’attention de la part des enseignants », soutient M. Chamroo, qui ajoute : « Si napa ed sa ban zanfan-la, zot pou nwaye. »