Selon un relevé de l’Affirmative Action, engagé dans le combat contre toute forme de discriminations à l’égard des minorités, « quatre des 11 élections générales tenues dans le pays, de- puis 1968, se sont déroulées durant le mois de décembre et à une date très rapprochée de Noël, une des principales fêtes chrétiennes ». C’est ainsi que les animateurs de cette formation demandent au gouvernement de respecter le temps de l’Avent des catholiques, qui comprend quatre semaines de préparation spirituelle précédant Noël, de la même manière, selon leur constat, que les élections ne sont pas organisées durant le temps de préparation d’autres fêtes religieuses célébrées à Maurice.

« Dans un souci de cohésion sociale et de vivre- ensemble, nous prenons des précautions afin de ne pas blesser les différentes communautés et les différentes religions. Nous demandons formellement au gouvernement de respecter la Fête de Noël et les chrétiens qui se préparent spirituellement à célébrer la naissance de Jésus », explique le père Gérard Mongelard, un des animateurs, au sujet de cette demande de l’Affirmative Action. Il ajoute : « Nous ne faisons le jeu de personne quand nous demandons de ne pas tenir des élections en décembre. »

Le prêtre évoque l’environnement « bruyant » dans lequel se déroule généralement une cam- pagne électorale et cite, à ce sujet, « les congrès nocturnes dans les quatre coins du pays, les affiches tape-à-l’œil placardées partout, les voitures des partisans sillonnant les circonscriptions pour annoncer les réunions politiques, les exercices de porte-à-porte des candidats chez les électeurs pour les convaincre de voter pour eux et sans compter les interventions politiques sur les réseaux sociaux ».

Il explique : « Ena bokou tapaz pandan enn kanpagn elektoral. Les Mauriciens sont constamment sollicités par différents moyens. Définitivement, le mois de décembre n’est pas une période propice pour une préparation spirituelle vers Noël. »

Outre cette demande, les dirigeants de l’Affirmative Action ont fait le point durant le week-end sur leur combat jusqu’ici concernant le respect des droits des minorités. Ils se disent « très satisfaits des résolutions » du Comité des Nations unies pour l’élimination des discriminations raciales. « L’ONU est venue nous encourager dans notre prise de position et nous préparons un manifeste qui donnera la stratégie de l’Affirmative Action pour l’avenir », disent-ils.

Le père Mongelard ajoute : « À la suite d’une lettre que nous avons envoyée à l’Attorney General pour discuter des résolutions des Nations unies, nous insistons pour avoir une réunion avec lui. Nous croyons que le dialogue avec les autorités est primordial pour avancer ensemble. » Les trois principaux points, sur lesquels insiste l’Affirmative Action pour la suite de leur combat pour réduire toute forme de discriminations à l’égard des minorités et qui sont en lien avec les résolutions des Nations unies, portent sur le statut officiel du Kreol Morisien, l’emploi et le recensement ethnique.

Par ailleurs, les animateurs réaffirment que l’Affirmative Action est « apolitique ». Ils pour- suivent : « Nous prenons position sur des questions socio-économiques tou- chant directement la vie des Mauriciens et, dans un sens, nous faisons de la politique dans le sens noble du terme. Mais nous ne faisons pas de la politique partisane. » D’où la décision de José Moirt, un des membres fondateurs de l’Affirmative Action, poursuit le père Mongelard, de les quitter pour rejoindre le Mouvement 100% Citoyens. « José Moirt continue sa route dans la politique active et nous lui souhaitons un bon parcours. D’ailleurs, l’Église encourage les chrétiens à participer à la vie politique du pays », souligne le prêtre.