Rien ni personne

Nous vivons une époque où chacun cherche le bonheur. Nos amis les artistes ont bien ressenti cela et font du “vivre heureux” un thème qui traverse leur création. Idem pour la spiritualité. Des bondieuseries que l’on brandit avec une pudeur relative, sinon avec ostentation. Cela peut sembler un poil abscons. Sans doute devrions-nous tous en notre cœur prier pour le petit prince, afin que la situation assez sulfureuse ne s’enflamme comme une traînée… de poudre, le long de la ligne du métro. C’est une hantise chez moi, que voulez-vous ?

C’est quoi le problème ? Je suppute que si le petit souverain avait été élu par la divine volonté populaire, les choses seraient moins tendues. On a l’impression que le vieux sage a quelque peu forcé la main au destin afin de faire du petit Kumar un prince comme semblent l’avoir voulu les astres. Ceci sans consulter la plèbe. C’est un tour de passe-passe légal, mais pas notre volonté, qui a été outrageusement violée. Nou pa ti vot Pravind, nou ! se désolent les abusés. C’est presque un mariage arrangé, sans consentement. Je suppose qu’en ce point réside la frustration bouillonnante des uns et des autres.

Faudrait consulter ma psy sinon un sociologue qui aura les couilles de dire. Ceci est un appel du pied à nos amis sociologues et observateurs avertis. Car une analyse post-mortem serait assez fortuite. Assez latizann apre lamor. Des pets dans l’eau, aussi utiles que des coups d’épée dans le vent. C’est assez vain, assez dangereux entre des mains inexpérimentées. Des gars à la radio ont dit que “junior” n’a pas donné de conférence de presse digne de ce nom jusqu’ici, pour nous communiquer sa vision des choses. Pourquoi cela ?

Pourquoi une si piteuse communication pratiquée en fin de fonction socioreligieuse ou non (pa ti dir ti pou arete ar sa kouyonad la, eoula ?). Je ne veux pas penser que le premier journaleux qui s’est prosterné aux pieds du petit, à la veille des dernières consultations, a été recruté comme responsable de communiquer. Ce serait presque insulter la profession… pour quelques milliers de roupies de plus, vendre son âme au plus offrant. Je ne dis pas cela pour être méchante, mais bon… passons l’éponge. Chacun a ses raisons. L’on se demandera, une fois encore, si ce fut un choix des plus judicieux. Ce n’est qu’une interrogation chuchotée en confrérie.

Est-ce aux vieux de la vieille à qui il appartient de poser la question sur la place d’un forum ou d’une agora ? La proximité presse-pouvoir est malsaine, assez contre nature. Encore un autre mariage arrangé. La presse n’est-elle pas par essence un contre-pouvoir ? Si ce contre-pouvoir “couche” dans le lit du pouvoir dans une volonté de transcender les séparations, ça ne tournera pas rond. À qui profite ce débauchage ? Je ne juge rien ni personne. Je ne livre que les fruits de mes nuits blanches. Nos amis dissidents me le pardonnent. What’s next ? Une éventuelle candidature à une improbable députation ?

Les défenseurs du grand timoré ont certainement bien du fil à retordre. Regrettent-ils ce choix, je ne veux le savoir, ni ne veux savoir le sens accordé à intégrité et honneur. Ce changement de fusil d’épaule ressemble à du roderboutisme. Une forte perception s’est dégagée. À moins que ce ne soit là un but que d’aucuns se sont fixé depuis leurs premiers écrits. J’avoue que j’en doute. Je crois à une perversion d’orgueil et l’appât du gain auxquels nous pouvons tous succomber. Prions aussi pour nos confrères tentés par le diable.

Nous ne savons pas grand-chose. Peut-être que ledit journaleux avait besoin d’une augmentation substantielle pour subvenir aux besoins de femme et enfants; de mari et enfants. Et que les longues heures passées à courir l’info étaient devenues harassantes et fastidieuses, sinon frustrantes. Toujours cette frustration ambiante ! C’est peut-être cela, le cœur du problème. Le manque de pognon pour contribuer au bonheur. Faudrait-il mieux rémunérer les journalistes pour ne point corrompre l’éthique ? J’aimerais quand même dire à ceux qui ont viré casaque que tout ce que j’ai pu écrire aura longtemps le parfum des regrets…