À la mi-journée, quelque 1 500 personnes, potentiellement des victimes de l’arnaque de la BAI de Dawood Rawat, ont manifesté dans les rues de la capitale pour faire entendre leur voix et réclamer leur dû suite à l’écroulement de l’empire Rawat. La marche, qui a démarré au Champ-de-Mars, devait prendre fin devant la Bank of Mauritius Tower. Mais en l’absence d’autorisation de la police, le cortège des manifestants s’est rendu au Jardin de La Compagnie où des animateurs et des victimes du système Rawat sont intervenus.
Cette marche s’est déroulée dans le calme et la discipline avec les participants scandant des slogans pour exprimer leur souffrance extrême d’avoir tout perdu en faisant confiance au groupe BAI et réclamant que tous les clients de ce groupe soient traités sur le même pied d’égalité et que les autorités ne pratiquent aucune discrimination, surtout à l’encontre des clients du Super Cash Back Gold Scheme avec Rs 23 milliards englouties. Ils comptent organiser une nouvelle manifestation pour le 1er mai.
Tout en dénonçant la responsabilité de la Financial Services Commission dans le BAI Mega-Scam, les victimes du Super Cash Back Gold se préparent à se faire enregistrer dès demain matin dans les bureaux de poste de l’île. Cet exercice est organisé par le ministère des Finances en vue d’établir un recensement complet des victimes de même que le montant placé dans ce Scheme.
Toutefois, une aile au sein de ce mouvement proteste contre le formulaire proposé par le gouvernement. Ils affirment que le gouvernement est déjà en présence de ces informations. « Sa form-là li enn fars », disent-ils. Les victimes, qui attendront de voir le gouvernement annoncer sa décision au terme de cet enregistrement, réclament le remboursement de leurs placements même sans aucun intérêt. En début d’après-midi, la manifestation se poursuivant encore au Jardin de La Compagnie avec des interventions.
D’autre part, des procédures ont été enclenchées en vue de faire un inventaire des biens immobiliers et autres comptes bancaires de Dawood Rawat, dernier décoré en date de la Légion d’Honneur de la République française et des membres de sa famille. Le Chairman Emeritus de BAI a échappé à un mandat d’arrêt international pour le délit de Money Laundering.
Le Restraining Order de la juge Jugessur-Manna vise Dawood Rawat, ses trois filles Adeela Rawat-Freistritzer, Laina Rawat et Kerima Rawat, ainsi que Claudio Freistritzer, Maxime Brian Burns et Rishi Sookdawoor.
Vingt-quatre banques commerciales sont concernées par cette injonction à l’effet que « the monies held in the accounts found at the financial institutions shall not be disposed of, or otherwise dealt with, by any person, except upon a judge’s order ». Neuf Non-Bank Deposit Taking Institutions, y compris la Mutual Aid, dix bureaux de change et six Foreign Exchange Dealers, dont BA Exchange Co Ltd sont mentionnées dans le Restraining Order, qui fait également état des propriétés foncières, des voitures de luxe aussi bien que des actions de Dawood Rawat dans 43 sociétés du groupe BAI, dont l’Ultimate Holding de KLAD Investment Corporation aux Bahamas.