Dans son discours au secteur privé ce matin au Trianon Convention Centre, le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a souligné l’importance de la participation de tous pour atteindre le 2030 Sustainable Development Agenda. Au sujet du changement climatique, il devait mettre en garde contre les abus envers la planète. « It seems people believe they have two planets. The mindset has to change », a-t-il soutenu. Avant d’insister que l’engagement politique est « fondamental » dans cette perspective. Le secrétaire des Nations Unies était accompagné de Vishnu Lutchmeenaraidoo, Alain Wong et Etienne Sinatambou, respectivement ministres des Affaires étrangères, de l’Environnement et de l’Informatique.
« Mo byen kontan vizit sa zoli pei Moris ». Tels étaient les premiers mots du secrétaire général des Nations unies adressés au parterre de représentants du secteur privé et ONG. Après avoir été applaudi pour avoir prononcé quelques mots en kreol, Ban Ki-moon devait s’excuser du retard pris après sa rencontre avec le Premier ministre ce matin. La manière dont les gens abusent de la nature, dit-il, est « comme s’ils croyaient qu’ils disposent de deux planètes. Mais, nous n’en avons qu’une ! ». Ajoutant : « votre présence, aujourd’hui, envoie un message clair disant oui, on peut mettre un terme à la pauvreté globale d’ici 2030, bâtir une vie digne pour tous, des économies saines et une planète saine. Nous pouvons le faire. Le vrai test débute aujourd’hui pour voir si l’on peut mettre en oeuvre tous ces 17 buts qui couvrent toutes les sphères de la vie ». Pour cela, selon Ban Ki-moon, la « façon de penser doit changer. We’ll need high-level political commitment ».  
Selon lui, le gouvernement et la population de Maurice devraient avoir un sens d’appartenance plus marqué par rapport à ces buts. « Votre futur est entre vos mains ! ». Le 2030 Sustainable Development Agenda, poursuit-il, requiert que chaque décision tienne compte des personnes vulnérables et qu’on agisse en toute solidarité. « Nous vivons dans un petit monde. Nous sommes une famille et ce programme devra être réalisé par tous. Votre engagement, aujourd’hui, m’encourage. Vous devriez demander des comptes à vos ministres et votre Premier ministre. Ils ont été votés par vous. Donc, la voix ultime devrait venir de vous ». Ban Ki-moon dira encore que « vous avez une grande responsabilité politique, celle de rendre ce monde apte pour la future génération ».
Maurice, selon lui, a démontré des résultats convaincants concernant les ‘millenium goals’ à travers une bonne éducation, l’amélioration en matière d’égalité des genres, la baisse en mortalité infantile. L’accord de Paris sur le changement climatique n’était, dit-il, pas que la signature d’une convention. « Les leaders du monde entier sont venus et ont engagé leur leadership. On a enregistré un record en termes de nombre de signatures. En 1982, nous avions reçu 119 pays et à Paris, on a eu l’engagement de 175 pays et Maurice figurait parmi les 16 pays ayant ratifié l’accord immédiatement ».
Ban Ki-moon s’est réjoui que Maurice est « louée pour être un exemple pour le monde. Nous tirerons des leçons de vos approches, à travers le développement économique et environnemental et nous vous soutiendrons dans chacun des pas que vous ferez ». Et d’ajouter : « This world is very young, full of unused potentials. We have to fully tap these potentials ».
Auparavant, le ministre Lutchmeenaraidoo devait faire ressortir que « la planète terre peut vivre sans nous mais nous ne pouvons vivre sans elle ».  Dans vingt ans, « nous aurons besoin des ressources de deux planètes pour continuer à vivre dans cet extrême abus, tel que nous le faisons aujourd’hui. Nous nous trouvons à un carrefour. Soit nous nous adaptons à la planète, soit nous périssons ». Pour le ministre, la présence de Ban Ki-moon à Maurice est un miracle. L’autre miracle, serait, selon lui, qu’on apprenne à vivre heureux avec peu.
À noter qu’une enveloppe de premier jour sur les Sustainable Development Goals a été lancée à cette occasion. En raison de la contrainte du temps, les acteurs du secteur privé n’ont pu interagir avec le secrétaire général des Nations unies mais ceux-ci ont été informés que Ban Ki-moon répondrait à leurs questions de New York.