– L’Union européenne renforce la coopération internationale dans le domaine de la lutte contre le changement climatique en 2018, une année cruciale pour la mise en œuvre de l’Accord de Paris.

L’ampleur des défis climatiques auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui et à l’avenir est claire. Les effets néfastes du changement climatique se font déjà sentir dans le monde entier et constituent une grande menace pour notre planète et ses habitants. En outre, ils pourraient compromettre à la fois les progrès du développement réalisés au cours de nombreuses décennies et les perspectives de réalisation du programme de développement durable à l’horizon 2030.

Les petits Etats insulaires en développement sont en première ligne pour ressentir les effets du changement climatique.  Ces effets, nous avons pu les constater dans cette partie du monde. L’Union européenne reconnaît le rôle fédérateur qu’ont joué les petits Etats insulaires en développement – y compris les Etats membres de la Commission de l’océan Indien (COI) – pour faire de l’Accord de Paris un succès, confirmant ainsi le fait que le changement climatique nous concerne tous. En 2015, l’UE a ainsi signé une déclaration conjointe avec la COI pour lutter contre le changement climatique.

L’Accord de Paris sur le changement climatique – l’accord mondial historique adopté par près de 200 pays en 2015 – établit un plan d’action pour mettre le monde sur la bonne voie afin d’éviter les changements climatiques dangereux. Il a défini la direction à prendre pour la transition mondiale vers des économies et des sociétés à faibles émissions et résilientes au changement climatique.

Cependant, nous savons déjà que globalement, les objectifs de réduction des émissions proposés par les pays à Paris ne suffiront pas pour atteindre notre objectif commun de limiter le réchauffement climatique à moins de 2 ° C par rapport aux niveaux préindustriels, sans parler de 1,5 ° C. Le prochain rapport spécial du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) nous montrera malheureusement que la fenêtre pour rester dans ces limites se referme très vite. C’est pourquoi nous devons continuer à relever notre ambition collective et accélérer la mise en œuvre et l’opérationnalisation de l’Accord de Paris.

Cette année, les gouvernements et les parties prenantes du monde entier se réunissent pour évaluer le chemin parcouru depuis Paris et pour examiner les solutions et les possibilités de renforcer l’action dans le cadre du « Dialogue Talanoa ». Se déroulant tout au long de l’année 2018, ce processus de facilitation – inspiré de la tradition pacifique du « talanoa », un dialogue ouvert et inclusif – est la première occasion depuis Paris de considérer nos efforts collectifs jusqu’ici, ainsi que les opportunités d’accroître l’ambition mondiale.

L’UE considère le « Dialogue Talanoa » comme un moment clé pour se concentrer sur les solutions et le potentiel associés à la transformation sobre en carbone, tout en renforçant la coopération et la confiance. Il donne également le ton pour la semaine annuelle de l’Union européenne sur la diplomatie climatique, célébrée cette semaine.

Une autre réalisation importante pour la communauté internationale cette année est l’adoption du programme de travail de l’Accord de Paris – transparence détaillée et règles de gouvernance pour la mise en pratique de l’accord. L’adoption de ce « livre de règles » lors de la prochaine conférence de l’ONU sur le climat (COP24) en décembre à Katowice, en Pologne, est vitale. Un ensemble clair et complet de règles de transparence nous permettra de suivre et de démontrer les progrès réalisés dans le monde et de donner à toutes les parties – pays développés comme pays en développement – un cadre commun pour concrétiser notre vision commune.

Simultanément, l’UE intensifie la coopération internationale et le soutien aux partenaires extérieurs à l’UE, par exemple par le biais de dialogues politiques, de projets de renforcement des capacités et de financement climatique.

L’UE, ses États membres et la Banque européenne d’investissement ont contribué à hauteur de 20,2 milliards d’euros au financement climatique public en faveur des pays en développement en 2016. Cela représente près de la moitié du financement public mondial pour le climat. L’UE reste attachée à l’objectif collectif de mobiliser 100 milliards de dollars par an en faveur du financement de la lutte contre le changement climatique d’ici à 2020 et jusqu’en 2025 à partir de diverses sources pour soutenir l’action dans les pays en développement.

À Maurice, nous avons commencé le travail technique avec le gouvernement en vue d’un dialogue politique sur le changement climatique au niveau ministériel. L’objectif de ce dialogue, qui réunit tous les ministères clés, est de discuter de la meilleure façon de travailler ensemble pour soutenir la mise en œuvre de l’Accord de Paris.

Dans ce contexte, nous saluons les mesures annoncées dans le budget 2018-2019 pour l’environnement et la lutte contre le changement climatique, en particulier l’allocation d’un montant de 2 milliards de roupies au Fonds National pour l’Environnement et la mise en œuvre de plusieurs projets pour la protection de la population contre les risques de catastrophes naturelles.

Nous travaillons en étroite collaboration avec le Gouvernement pour améliorer la résilience des petits agriculteurs face aux effets du changement climatique, conformément à la contribution déterminée que Maurice a préparée pour la Conférence COP 21 en 2015. L’UE soutient Maurice pour promouvoir des initiatives agricoles intelligentes face au climat. De telles initiatives permettront d’améliorer la disponibilité de l’eau pour les petits exploitants, l’adoption de nouvelles technologies et la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), tout en favorisant une augmentation des revenus des petits exploitants. Dans le cadre du programme Switch Africa Green, l’Union européenne accompagne le gouvernement dans la transition écologique de l’industrie du tourisme. À travers ce même programme, nous soutenons la transition écologique des petites et moyennes entreprises dans des domaines clés tels que les transports, l’énergie, et l’agriculture. Maurice bénéficie également du soutien de l’UE à travers le Programme National d’Efficacité Énergétique (PNEE), une initiative conjointe du secteur privé, du secteur public et des partenaires internationaux, le programme Energies mis en œuvre par la Commission Océan Indien et SUNREF océan Indien, une initiative portée par l’Agence Française de Développement en faveur des investissements verts. Ce sont de bons exemples de collaboration avec le secteur privé. L’engagement du secteur privé, mais également des acteurs de la société civile, dans la lutte contre le changement climatique, et la promotion d’une énergie durable et de l’économie verte est une nécessité si nous voulons atteindre les objectifs de développement durable.

Alors que l’Accord de Paris définit la direction à prendre, le travail ne fait que commencer. À l’avenir, tous les pays devront favoriser le bon environnement pour permettre à cette transformation de se poursuivre, en soutenant un changement structurel à long terme dans les systèmes énergétiques mondiaux et en déplaçant et en augmentant les investissements qui y contribuent.

Une croissance à faibles émissions et résiliente au climat est possible pour les pays à tous les niveaux de revenu et apporte des avantages multiples et tangibles pour les personnes, l’économie et l’environnement. L’Union européenne est déterminée à travailler avec tous les partenaires pour poursuivre ce travail ensemble.