Les urnes ont rendu leur verdict aux Seychelles. Résultat : le président sortant, James Michel, rempile pour un troisième mandat. Il a prêté serment hier, et ce malgré les protestations de l’opposition.
Le président des Seychelles James Michel, réélu samedi pour la troisième fois, a prêté serment dimanche, alors même que l’opposition conteste le résultat du second tour du scrutin présidentiel et a demandé un nouveau décompte des voix. M. Michel, 71 ans, au pouvoir depuis 2004, a prêté serment dans l’après-midi à la présidence, avec son vice-président Danny Faure, devant quelques représentants politiques de cet archipel de l’océan Indien.
Candidat de Lepep, le parti au pouvoir depuis le retour du multipartisme en 1993, M. Michel a remporté le second tour de la présidentielle en recueillant 31.512 voix (50,15%). Son adversaire Wavel Ramkalawan, chef du Parti national des Seychelles (SNP), a réuni 31.319 voix (49,85%), soit un écart de 193 voix.
Candidat pour la cinquième fois, M. Ramkalawan, 54 ans, un pasteur anglican qui avait rallié derrière lui toute l’opposition pour le second tour, a immédiatement déclaré qu’il « n’acceptait pas le résultat des élections » après avoir constaté « plusieurs irrégularités ». Il a annoncé avoir « écrit au président de la Commission électorale pour qu’il y ait un recomptage de tous les bulletins de vote », tout en appelant ses supporteurs à rester calmes.
Cette commission doit se réunir ce lundi pour étudier la validité du recours de l’opposition. « S’il y a des gens qui ont des doutes dans les résultats des élections, ils peuvent apporter l’affaire devant les tribunaux, et les tribunaux décideront », a déclaré dimanche M. Michel, réélu pour un troisième mandat de cinq ans, le dernier que lui autorise la Constitution.
Face aux craintes de manifestations, les principales rues de Victoria – la capitale, située sur l’île principale Mahé – menant à la présidence des Seychelles avaient été fermées au public avant la cérémonie d’investiture. M. Michel était devenu chef de l’État en 2004 en succédant selon la Constitution à France-Albert René, dont il était le vice-président – ce dernier ayant démissionné avant l’expiration de son mandat. Il avait été élu en 2006 puis réélu en 2011, au premier tour à chaque fois.