Me Sanjay Bhuckory, Senior Counsel, proche de l’ancien Premier ministre Navin Ramgoolam, a fait l’objet d’un ordre de déportation des autorités des Seychelles durant le week-end, alors qu’il y était avec ses deux enfants pour des vacances. Depuis, cette affaire a pris des proportions politiques, d’abord et principalement en raison du climat politique qui y règne après les récentes élections présidentielles, durant lesquelles le président sortant, James Michel, s’est fait élire avec la plus faible marge, moins d’un point le séparant du candidat de l’opposition. Ensuite, les autorités seychelloises ont multiplié les interventions dans la presse parlée et écrite pour tenter de justifier cette décision et pour atténuer les conséquences. De son côté, Sanjay Bhuckory, qui n’était pas à sa première visite dans l’archipel, se dit étonné et choqué par l’attitude des autorités seychelloises.
« Mes deux enfants et moi étions partis aux Seychelles samedi pour des vacances chez des amis de longue date. Nous devions être de retour le 31. Finalement, ce déplacement s’est résumé à une expérience des plus traumatisantes. Nous avons passé toute la nuit de samedi à dimanche sur un banc à l’aéroport des Seychelles sans même que les autorités ne nous offrent ne serait-ce qu’une bouteille d’eau. Et dimanche à 8 h 30, nous avions été mis dans l’avion de retour sur Maurice », déclare Sanjay Bhuckory, qui n’en revient pas de ce qu’il qualifie d’« expérience traumatisante en cette période de fin d’année ».
Sanjay Bhuckory souligne que la famille seychelloise qui les avait invités pour des vacances connaît ses parents depuis de longues années. « Mais dès notre arrivée, je crois que les préposés avaient déjà décidé de nous frapper d’une interdiction dans l’archipel pour des raisons propres à eux. Nous avons subi des fouilles systématiques. Mais ils n’ont rien trouvé de compromettant sur nous. Je n’avais aucun dossier ou aucun documentant de nature à donner raison aux responsables de l’aéroport pour justifier leur décision préalable », poursuit-il.
La principale crainte des autorités aux Seychelles était que le déplacement de Me Bhuckory soit lié à des discussions au sein de l’opposition pour contester les résultats des récentes élections présidentielles, avec un troisième mandat pour le président James Michel. « Je crois que ma réputation d’avocat m’a précédé dans l’archipel. Il se rappelle que je suis le premier homme de loi à avoir obtenu une annulation d’élection devant le Privy Council. Mais je maintiens que n’ai rien à faire avec la situation politique aux Seychelles. Je n’ai jamais rencontré le candidat de l’opposition aux présidentielles même si j’ai de bonnes relations avec son homme de loi », soutient Sanjay Bhuckory, qui est encore sous le coup du traitement reçu aux Seychelles.
En dépit des explications fournies, la presse des Seychelles trouve dans cette déportation une relation de cause à effet avec la contestation des élections. Ainsi, le quotidien Today In Seychelles note à ce sujet que « a well-known Mauritian lawyer, Sanjay Bhuckory, was refused entry into Seychelles on Saturday night and deported back to Mauritius yesterday morning. This is believed to be a politically-motivated act as M. Bhuckory, who is better known for having led Mauritius’ only legal case that rendered null and void the election of a Member of the National Assembly on the basis of electoral bribery, was also here to visit lawyer friends involved in the opposition’s petitions to contest the Presidential election ».
De son côté, lors d’un point de presse, le Principal Secretary à l’Immigration, Michel Marie, affirme que « doubts surrounding him thickened when upon questioning it was discovered that the friend who had supposedly paid for his ticket and was hosting him had left the country on Christmas Day ». Il ajoute que de nombreux étrangers ont été refoulés à l’aéroport des Seychelles « as a result of making false declaration and concealing information and this is normal procedure ».