L’hôpital des athlètes licenciés de l’île, toutes disciplines confondues, se niche au sein du New Sports Complex de Vacoas, aux alentours du marché urbain, adjacent au gymnase Pandit Sahadeo et juxtaposant les centres d’entraînement de boxe, d’haltérophilie et de lutte comme s’il en formait le cocon. Le Centre médico-sportif — unique en son genre et attaché au ministère de la Jeunesse et des Sports depuis le 6 juin 1987 — est la chrysalide des sportifs boiteux en quête de cures thérapeutiques à leurs bobos.
En refermant sur soi la porte d’entrée en aluminium, surplombée à l’extérieur par une enseigne “Sports Medical Unit” quelque peu blêmie par l’usure du temps, l’on est happé par l’aspect à la fois clinique et décontracté du centre national. L’air (légèrement) climatisé et l’espace clos assourdissent le ronflement des véhicules empruntant la grand-route attenante ainsi que les murmures des gens au dehors.
Dans la salle d’attente, à 16h — horaire des services de physiothérapie —, certains patients squattent déjà la salle d’attente, postés là plus tôt que l’heure fixée pour leur rendez-vous, visiblement anxieux de prendre la maîtrise de la politique du first-come first-served. À la réception, M. Siboo, le planton, signale qu’il faudra prendre son mal en patience. Entre-temps, il constitue ou réactualise le dossier médical de chaque patient.
Passé l’attente devant la télé où sont diffusées en sourdine des séries indiennes, l’heure est à l’examen médical avec le Dr Adisha Bholah, actuellement seul médecin consultant du centre depuis sa prise de fonction en octobre dernier. Derrière ses verres, celle-ci arbore un regard mi-sérieux, mi-espiègle en recevant ses patients dans son cabinet avant de procéder à des questions-réponses axées sur l’évaluation du malade et de ses maux.
Dans un tête-à-tête détendu, médecin et patient conversent afin de conclure un diagnostic qui permet l’entrée en jeu de Nishta Ramdin, Diksha Prampall et Dev Deerpaul, tous trois physiothérapeutes à temps partiel au centre. Emboîtant le pas à l’un de ces derniers vers leurs salles de consultation respectives dans le couloir contigu, l’on s’immerge davantage dans les tons de bleu lénifiants et l’éclairage à demi-tamisé de l’infirmerie.
La séance de physiothérapie durera a priori une demi-heure. Une fois le patient étendu sur la couchette, la thérapeute prend le pouls de la blessure, souvent musculaire, avant de s’atteler à la tâche. Pour apaiser l’inflammation, on entame un massage de glaçons — remède naturel — appliqués avec une pression de juste dose dans un laps de temps n’excédant pas le quart d’heure. Passons ensuite au massage manuel. Employant paumes et doigté, les mains habiles de la physiothérapeute frictionnent à un rythme soutenu, ciblant les zones sensibles afin de mieux attaquer l’enflure.
En signe de répit à ces assauts, elle exécute quelques exercices de renforcement musculaire qu’il faudra effectuer périodiquement chez soi. Place enfin à la partie de thérapie à ultrasons à l’aide d’un appareil dont les paramètres sont adaptés aux besoins de la blessure du patient afin d’atténuer davantage l’inflammation et d’accélérer le processus de réparation des tissus meurtris.
Outre le traitement de blessures musculaires — aléas notoires du métier de sportif — par les physiothérapeutes à l’heure de pointe entre 16h et 18h30 sur rendez-vous, le centre médico-sportif de Vacoas est ouvert aux affiliés des diverses fédérations de l’île pour nombre d’autres soins gratuits du lundi au vendredi à partir de 8h45, et de 9h à midi le samedi.
Besoin de nouveaux appareils
Réaménagé au nouveau Sports Complex en 2003 dans le cadre des Jeux des îles tenus à Maurice, il comprend, en sus des salles de consultation des médecins et physiothérapeutes, une salle de réhabilitation nantie d’appareils variés visant à favoriser la rééducation des blessés et un investigation room qui dispose des matériels médicaux nécessaires à l’évaluation physique des athlètes.
Les services d’un chirurgien orthopédique — Dr Ramloll — ont aussi été retenus récemment dans l’optique de pourvoir aux cas plus complexes nécessitant une expertise approfondie. Sont également dispensés des examens médicaux pour des problèmes de santé d’ordre général, des programmes de conscientisation, des recommandations nutritionnelles, des certificats médicaux d’une validité d’un an et, à travers des séminaires réguliers, des conseils pratiques sur le sport concernant notamment la prévention de blessures, l’antidopage, le first aid, la réhabilitation et les méfaits de certains médicaments. Ces séminaires se tiennent souvent à l’approche de tournois d’envergure ou à la demande des fédérations qui sont informées des activités du centre médico-sportif via une circulaire annuelle.
Nombreux sont les athlètes qui profitent des soins disponibles ; le centre en accueille d’ailleurs une quinzaine par jour. Toutefois, le personnel observe que les affiliés de certaines fédérations sont rares au rendez-vous. Parmi les fidèles abonnés, on retrouve les boxeurs, les lutteurs et les haltérophiles dont les lieux d’entraînement ne se situent qu’à quelques pas du centre médico-sportif.
Le boxeur Merven Clair, client régulier de l’établissement médical, se dit satisfait des soins prodigués : « Il y a des médecins qualifiés et les physiothérapeutes sont efficaces et réguliers dans leur travail. Ils nous mettent d’aplomb pour les compétitions internationales. » Du côté des badistes, Yeldy Louison affirme qu’elle n’a pas à se plaindre du service, étant bien lotie au niveau de l’encadrement précompétition dont elle jouit en ce moment. « Le suivi est top ! » loue-t-elle en particulier.
Un souci se pose toutefois au niveau du manque de certains équipements. Par exemple, pour un athlète s’étant rendu sur place pour un examen requérant une radiographie ou une échographie, l’absence d’appareils adaptés l’obligera à retourner au centre ultérieurement car ces examens ne se font que dans les hôpitaux. Une situation que déplore similairement un autre sportif, qui reconnaît toutefois l’efficacité du personnel et son dévouement envers les patients.
Aujourd’hui, c’est Pravind Dhoomon, Sports Nursing Officer, qui s’occupe de l’administration du centre. Le Dr Bholah dit se réjouir de la restructuration qui est venue concrétiser une nouvelle formule, plus intégrante, de collaboration entre médecins, physiothérapeutes, athlètes aussi bien qu’entraîneurs pour permettre d’identifier la cause des problèmes et ainsi assurer un suivi médical adéquat pour les maux récurrents des sportifs afin que ces derniers puissent évoluer dans la plénitude de leurs moyens lors des compétitions.