Stellio Brasse est un artiste écologique originaire de la Résidence La Cure. Il redonne vie aux déchets en les transformant en oeuvres d’art. Après son exposition, qui s’est tenue la semaine dernière au Café du Vieux Conseil à Port-Louis,  l’artiste nous reçoit chez lui entouré de ses tableaux et  de ses créations.
L’art le magnifie à la fois. Il est le reflet des pensées les plus folles des artistes et ce n’est pas Stellio Brasse qui dira le contraire. “Mes idées me sont propres et je m’inspire de ce que je vois.“  Tout ce que les autres trouvent encombrant chez eux, lui les voit d’un autre oeil. “Dès que je vois des morceaux de marbre abandonnés la première chose qui me vient en tête, c’est d’aller prendre mon chariot pour les ramener chez moi pour pouvoir créer. Je garde le même principe chez moi. Avant de jeter quoi que ce soit à la poubelle, je sais déjà ce que je peux faire avec ”, dit cet homme de 60 ans.
Première exposition en 1981.
Issu d’une famille modeste de Résidence La Cure, l’artiste a fait du chemin depuis sa toute première exposition en 1981 à la galerie Max Boulée, Rose-Hill. “ C’était assez spécial comme première pour moi car j’avais composé mes réalisations d’art avec du corail et quelqu’un à l’époque m’avait dit qu’elles seraient couvertes de goémon dans quelques années. Aujourd’hui, elles sont encore intactes”, confie-t-il. Depuis, les expositions d’art il les connaît. Certaines ont été faites devant chez lui, au Blue Penny Museum, durant les célébrations de la bataille de Vieux Grand Port, au festival 24/7 à Quatre Bornes, à la municipalité de Port Louis et tout récemment au Café du Vieux Conseil.
Concilier l’utile à l’agréable.
Aujourd’hui à la retraite, il  a passé sa vie à créer des oeuvres dont des tableaux de Nelson Mandela, de Kaya et de Sir Gaëtan Duval entre autres. “ N’ayant pas les moyens de m’acheter des pots de peinture, je me suis tourné vers la nature pour pouvoir faire mon art”, souligne cet autodidacte. “ Ce n’est pas uniquement en jouant avec les pinceaux que l’on peut devenir artiste. On peut aussi l’être en utilisant des objets de récupération. Les Mauriciens ont le don du savoir-faire et le goût de l’esthétisme. “
Remarque blessante.
Assis à table tout en feuillant sa collection d’article de presse dans un classeur, il nous confie qu’à ses débuts, il a eu que le soutien de sa famille. “ Enn zournalis ti dir moi kuma enn zanfan cite kon fer lar! Sa remark la ti mari blés mwa. Lerla monn deside pou fonser. “
Sa maison couverte de lierre à l’extérieur, est bondée de ses créations. Des mosaïques et des tableaux faits de feuilles de bananes sont accrochés au mur et au loin, une création en ciment peut être vu.
 “Pour ma prochaine exposition, je cesserai de prendre ce que je vois dans les poubelles,”  dit Stellio Brasse, un brin plaisantin. Il compte inventer des compositions avec des pneus et des parasols.