Taux de croissance révisé à la baisse, soit 3,6 %

Pour la 5e année consécutive, la performance économique inférieure à la barre des 4%

Les National Accounts Estimates pour l’année en cours, rendus publics, ce matin, par Statistics Mauritius, confirment que pour la cinquième année consécutive le taux de croissance de l’économie sera inférieur à la barre des 4 %. De plus, le taux a été révisé à la baisse de 3,8 % à 3,6 % en 2015, soit bien loin des 4,2 % réalisés en 2011. Pour les économistes et les observateurs aguerris du monde des affaires, cette nouvelle révision à la baisse ne devrait constituer une surprise outre mesure même si Statistics Mauritius se fait un devoir de souligner dans ses Highlights que « on the basis of information gathered on key sectors of the economy, GDP/GVA at basic prices in 2015 is forecasted to grow by 3.6 %, higher than the 3.5 % growth in 2014. Exclusive of sugar, the rate would be 3.6 %. »
À trois mois de la fin de la première année au pouvoir du gouvernement de L’Alliance Lepep, qui a promis un second miracle économique au pays, les principaux indicateurs de l’économie, rendus publics officiellement ce matin, sont les suivants :
Agriculture : croissance de 2,7 % cette année comparée à 3,9 % en 2014 avec une production sucrière de 410 000 tonnes, soit une hausse de 1,9 % contre une contraction de 1,7 % en 2014 et les autres composantes du secteur agricole ne progressant que de 3 % contre 6,5 % l’année dernière
Manufacture : taux de 1,9 % prévu, soit en baisse comparativement aux 2,2 % de l’année dernière avec le secteur de Food Processing améliorant sa performance à 3,4 %, soit 0,8 point de plus que l’année dernière, le textile en baisse à 0,5 % contre une progression nominale d’un point et les autres segments manufacturiers au régime ralenti de 1,6 % contre 3 % pour l’année dernière.
Construction : maintien de la contraction à hauteur de 2,6 %, même si ce taux est inférieur à la décélération de 8,5 % de 2014, principalement en raison de retards dans la mise à exécution d’importants projets dans le privé. Les prévisions de juin dernier privilégiaient une croissance de 1,4 %.
Commerce : légère baisse dans la croissance prévue, soit 3 % contre 3,2 % pour 2014
Tourisme : croissance de 6,5 % avec des prévisions de 1 115 000 touristes attendus cette année
ICT : progression de 7 %, soit en légère hausse quant aux 6,4 % enregistrés l’année dernière
Services financiers : prévisions de 5,2 % en 2015 contre 5,4 % en 2014
Administration publique : croissance revue à la baisse de 4,3 % à 3,5 % en raison du faible taux de recrutement dans la fonction publique.
L’autre point noir se situe au niveau des investissements, moteur de la relance et de la croissance économiques, avec une contraction prévue de 0,5 % cette année contre une baisse de 6 % l’année dernière. Les investissements dans le privé enregistreront une baisse de 3,9 % cette année, une performance moins mauvaise que la décélération de 8,4 % de l’année dernière.
Par contre, Statistics Mauritius mise sur un rebond des investissements publics de 9,5 % en 2015, soit presque cinq fois celui de l’année dernière. Cela ne sera pas suffisant pour redresser la barre car « investment rate, defined as the ratio of investment to GDP at market prices, would decrease to 18.5 % in 2015, from 19.1 % in 2014. Exclusive of aircraft and marine vessels, the rate would be 18.4 % compared to 18.6 % in 2014. »
Par ailleurs, la part des investissements privés descendra à 13,3 % alors que celui du public passera à 5,2 % cette année contre 4,9 % l’année dernière. Les National Estimates notent que « the share of the private sector in total investment is expected to decrease to 71.8 % in 2015 from 74.4 % in 2014 while that of the public sector would increase to 28.2 % from 25.6 %. Exclusive of aircraft and marine vessels, the share of private sector investment in 2015 would be 71.9 % and that of the public sector 28.1 %. »


FINANCES—VISION DU DÉVELOPPEMENT: Lutchmeenaraidoo recherche l’aide financière de la BM
L’assistance technique et financière de la Banque mondiale pour la mise en œuvre de plusieurs initiatives stratégiques relevant de la vision du développement énoncée dans le Budget 2015-2016 a été sollicitée par le ministre des Finances Vishnu Lutchmeenaraidoo lors d’une rencontre qu’il a eue hier avec une délégation de la BM.
La délégation de la Banque mondiale était dirigée par Mark Lundell, Country Director pour Maurice. Les discussions ont porté sur plusieurs dossiers de développement économique, dont l’économie océanique, la production de l’énergie, la réforme de la scolarité et l’introduction du Nine-Year Schooling, la gestion de la dette publique et la mise en place d’un Technology Park à Tema, au Ghana.
L’intégration régionale et la politique de rapprochement avec l’Afrique figurent en bonne place dans les nouveaux rapports entre la BM et Maurice. La partie mauricienne sollicite l’aide technique de l’International Finance Corporation (IFC), un organisme de la BM, dans l’optique de la mise en place d’un fonds, le Ghana Fund, pour développer le Technology Park de Tema. Une couverture de la Multilateral Investment Guarantee Agency (MIGA), institution de la BM qui couvre les risques politiques touchant aux investissements privés transfrontaliers, est aussi envisagée à cet effet.
La Banque mondiale a promis d’apporter son assistance pour permettre à Maurice d’accélérer le processus d’intégration de son économie au sein de la région.
L’Economic Mission Statement présentée par le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, a aussi été discutée avec la délégation de la BM.

Commentaires

How the heck can they exclude sugar. Load of money goes into producing it. I'd therefore estimate GDP at 3 decimal 3. Le Mauricien economic journalist can clarify upon that...