Un entrepreneur de la capitale a avoué à l’inspectorat de la Special Enforcement Unit du ministère du Travail avoir « vendu » un ouvrier bangladais qui travaillait pour lui contre la somme de Rs 50 000. Il avance ainsi avoir « envoyé » le travailleur étranger dans une autre usine contre paiement car « pa ti ena komand».

Le principal concerné était convoqué mardi à la Victoria House, à Port-Louis, après qu’une quinzaine d’ouvriers aient porté plainte contre lui pour maltraitance. « C’est choquant de la part de cet entrepreneur, qui a admis son implication dans un cas de trafic humain », s’insurge le porte-parole des plaignants, Fayzal Ally Beegun, présent à cette réunion. Selon nos renseignements, le ministère du Travail compte entamer une enquête pour faire la lumière sur cette révélation.

Auparavant, les ouvriers de cette usine de fabrication de pantalons avaient porté plainte contre leur patron tout en soutenant que ce dernier n’hésitait pas à les « frapper » pour les inciter à travailler encore plus. « Les travailleurs bangladais ont expliqué aux officiers du ministère du Travail que cet entrepreneur les maltraite physiquement, lance des jurons toute la journée et n’hésite pas à endommager leurs biens. Li pran bann travayer-la pour so bann esklav ». D’ailleurs, l’un d’eux aurait reçu « des coups sur la tête », l’obligeant ainsi à se faire soigner à l’hôpital. Par ailleurs, cet entrepreneur exigerait une somme de Rs 20 000 comme « garantie » auprès des ouvriers tout en leur confisquant leur passeport.
« Cet entrepreneur a reconnu tous les faits qui lui sont reprochés et a accepté de “release” les ouvriers, qui seront déployés dans une autre usine », indique Fayzal Ally Beegun. Ce dernier dit cependant ne pas comprendre pour quelles raisons cet habitant de Port-Louis souhaite « à tout prix savoir où exerceront ses anciens employés ».

Du côté du ministère, on nous confirme que l’entrepreneur a déjà fait l’objet de plaintes pour maltraitances dans le passé. « Nous allons entamer une enquête sur les allégations portées contre lui mardi et, à la lumière du rapport, il se pourrait que son usine soit “black listed” par le ministère du Travail et ne pourrait donc plus solliciter les services d’ouvriers étrangers », indique un préposé à la Victoria House.