Un Memorandum of Understanding (MoU) vient d’être signé avec l’Université Saint-Thomas (UST), dans le Minnesota, dans le cadre du cours “Interfaith Studies”, dispensé par l’Université de Maurice en collaboration avec le Conseil des Religions. Eddy Cheong See, le secrétaire d’administration du Conseil des Religions, a rencontré les divers partenaires de cette université américaine du 1er au 8 avril et a signé cet accord de collaboration alors même que l’UoM et le Conseil des Religions envisagent de rehausser le cours – se soldant jusqu’ici par un certificat – au niveau de diplôme. Pour Ted Ulrich, professeur du département de théologie de l’UST, « les possibilités de collaboration sont vastes, allant d’échanges de chargés de cours au soutien technique ».
« Ce MoU vient attester que le Conseil des Religions et l’Université Saint-Thomas souhaitent collaborer », indique le Pr Ulrich. La première étape consistera à échanger des éléments puisés du cours “World religions” et d’autres des “Justice and Peace Studies”. « Il y aura aussi des conférences vidéo. » Selon lui, la pertinence des cours sur les religions du monde et les questions ayant trait à la justice et à la paix s’avèrent réelles pour Maurice comme pour le monde.
Il est prévu qu’un chargé de cours de l’Université Saint-Thomas visite Maurice chaque année en tant que “personne-ressource”. « L’Université Saint-Thomas se réjouit de cette nouvelle relation avec Maurice. Nous considérons cette collaboration comme étant enrichissante, particulièrement pour les étudiants qui pourront être exposés à l’histoire et à l’identité unique de Maurice », affirme Ted Ulrich.
Les étudiants mauriciens sont-ils plus aptes à cerner l’histoire des religions et l’aspect interreligieux, se trouvant dans un pays comptant une diversité d’ethnies ? « Étant donné la nature multireligieuse du pays, les étudiants mauriciens pourront ressentir quelque chose de plus familier. Aux États-Unis aussi, il y a plusieurs religions. Toutefois, comme l’Amérique est vaste, il est possible pour l’individu de s’isoler des autres religions et de leurs membres alors qu’il me semble, qu’à Maurice, cela serait impossible de le faire », estime Ted Ulrich. Y a-t-il aujourd’hui, un plus grand besoin de dialogue interreligieux ? « Il y a définitivement une plus grande nécessité du fait des contacts de plus en plus fréquents entre personnes de diverses religions dans le monde », souligne le spécialiste en matière religieuse de l’UST. Les attaques terroristes, devenues récurrentes depuis quelque temps, ont-elles quelque part découragé le dialogue interreligieux ? À cette question, le Pr Ulrich se dit d’avis que si celles-ci ont généré « beaucoup d’hostilités et de cynisme, et laissent croire que de tels dialogues sont futiles, certaines personnes et institutions travaillent depuis encore davantage pour promouvoir ce genre de dialogue », ajoutant que le Conseil des Religions à Maurice et l’UST, aux États-Unis, « ont intensifié leurs efforts dans ce sens ».
Eddy Cheong See, coordinateur du cours Interfaith Studies au niveau du Conseil des Religions, a séjourné aux États-Unis du 1er au 8 avril. « J’ai eu l’occasion de rencontrer le “dean”, le “chair” et les chargés de cours. J’ai aussi donné une présentation sur l’implantation du christianisme à Maurice et les travaux du Conseil des Religions. Aux étudiants de “Global Christianity”, j’ai parlé de l’acculturation et du dialogue interreligieux à Maurice. » Le secrétaire du Conseil des Religions a d’autre part visité le Muslim-Christian Dialogue Centre, « un centre spécialisé qui existe depuis une décennie et qui oeuvre en faveur du dialogue entre les musulmans et les chrétiens ». Il poursuit : « L’UST a investi dans des ressources pour le dialogue entre ces deux religions, et ce à travers des voyages d’échanges dans des pays islamiques et une bibliothèque, entre autres. » Eddy Cheong See explique : « Ce séjour dans cette prestigieuse université était intéressant à plus d’un titre. D’immenses possibilités se présentent au Conseil des Religions et pour le pays. L’UST souhaite nous aider, tout comme elle a aidé d’autres pays où leurs étudiants se rendent fréquemment pour des projets de recherches. Nous invitons le Pr Ulrich au lancement du Diploma Course (Interfaith Studies), prévu pour 2017. »