La motion du Commissaire électoral déposée en Cour suprême concernant le problème qui a surgi lors du dépouillement des bulletins de vote dans le cadre des élections villageoises à Lallmatie a été débattue hier devant le chef juge suppléant Keshoe Parsad Matadeen et le juge David Chan Kam Cheong. Le jugement a été mis en délibéré, le chef juge p. i. annonçant qu’il sera rendu dans les meilleurs délais.
Lors des élections villageoises à Lallmatie, les officiers affectés à la comptabilisation des voix avaient omis d’ajouter des résultats partiels. La Returning Officer (RO) Carole Green-Jokhoo s’en était rendue compte lorsqu’elle devait proclamer le nom des vainqueurs. Après y avoir remédié, l’on devait constater que les résultats allaient être les mêmes.
Les vainqueurs ont alors été annoncés, sans toutefois signer le writ of election en vue de faire parvenir le dossier final au Président de la République. La RO a en effet préféré rapporter toute l’affaire au Commissaire électoral.
Dans l’affidavit qu’il a juré au nom du Commissaire électoral, le Senior Electoral Officer Dharmajal Dulloo a demandé à la Cour d’ordonner le Master and Registrar de saisir tous les bulletins de vote afin de procéder à un recount. Me Roshi Bhadain, avocat des candidats battus, a cependant contesté cette requête. Selon lui, la RO aurait dû signer le writ après l’annonce des résultats, comme l’exige l’article 57 (2) des Village Elections Regulations de 2012. Cela, a-t-il ajouté, permettrait, aux candidats qui se seraient sentis lésés de contester carrément les élections par voie d’une pétition électorale. Il a réclamé que les élections à Lallmatie soient déclarées nulles et non avenues et qu’un nouveau scrutin ait lieu.
Me Vikash Teeluckdharry, avocat avec Me Poonam Sookun des élus désignés, a souligné que ses clients sont en faveur de la motion, étant donné que les résultats finaux resteraient les mêmes. Il a fait ressortir qu’il s’agissait d’une simple erreur que le Commissaire électoral voudrait éliminer en procédant à un autre counting.
Mes Jane Li Yuk Poon – qui, assistée de Me Magalie Lambert, représentait le plaignant – et Priya Chittoo, se sont opposées aux arguments avancés par Me Bhadain. Cette dernière a insisté sur le fait que l’exercice n’est pas encore terminé, les résultats n’ayant pas été approuvés. « La demande d’annulation des élections tenues le 2 décembre ne peut être satisfaite », a-t-elle soutenu.
Sir Hamid Moollan (QC) a répliqué à Me Bhadain en faisant remarquer que la RO aurait commis un faux si elle avait approuvé la liste des élus en dépit de l’erreur qui a été commise.