Affligeant, consternant, abrutissant, étourdissant sont autant d’adjectifs qui auraient pu être utilisés pour qualifier cette finale de la Coupe de La République entre Cercle de Joachim et l’ASPL 2000 au stade George V dimanche dernier. Si les observateurs sont prêts à dire que le football est le sport roi, à Curepipe, c’était plutôt la violence qui règnait en maître avec des supporters portlouisiens qui n’ont pas hésité à s’en prendre aux joueurs de l’équipe de Joachim, à l’arbitre Parmanand Nunkoo et, to add insult to injury, les sièges ont également été arrachés, pour en faire des armes de destruction.
Car ne nous voilons pas la face, ces énergumènes qui se disent de ‘grands supporters’ ne devraient pas avoir le droit d’assister à un match de football pour ensuite en faire un champ de bataille. On oublie souvent la signification du terme ’12e homme’ dont l’objectif principal, le rôle des supporters, est d’encourager son équipe peu importe les situations. Certes, on ne sera pas toujours d’accord avec les décisions arbitrales et effectivement, l’homme en noir ce jour-là, était bien loin d’avoir fait un match irréprochable, mais toujours est-il que la violence n’a jamais été la solution à tous les maux. L’on ne peut saccager un stade uniquement à cause d’un penalty que l’on considère non-sifflé. C’est inadmissible. Pourquoi se comporter comme des renégats, des hors la loi ? Et que dire de la force policière….
Tout a commencé à la fin du temps réglementaire, soit à la 87e minute de jeu lorsque des supporters se mirent à lancer des bouteilles sur la pelouse. Ils s’en sont pris à l’arbitre et notamment au gardien de but de Cercle de Joachim, Godfrey Abrefa, victime de coups de projectiles dans sa cage. Il est vrai que le portier de Joachim en rajoutait beaucoup notamment pour faire tourner le chrono et perdre du temps. Ce qui a agacé les joueurs et supporters d’autant qu’Abrefa n’en est pas à son premier coup d’essai, lui qui est coutumier du genre. D’ailleurs, il avait le nez en sang après le match suite également à des altercations avec des joueurs de l’ASPL 2000. L’arbitre a dû interrompre le match pendant 15 minutes avant de reprendre.
Et au coup de sifflet final, ce fut la débandade! Des personnes, se considérant comme des acrobates, ont carrément escaladé la barrière de sécurité pour pénétrer sur le terrain pour venir se faire justice quand les joueurs de l’ASPL 2000 s’en prenaient déjà à l’arbitre. Heureusement d’ailleurs que des joueurs ont maîtrisé certains de ses renégats pour les reconduire hors du terrain. L’arbitre a dû être escorté hors du terrain par la force policière et attendre que les esprits se calment en fin de partie pour pouvoir quitter les lieux. En ce qu’il s’agit des membres des forces de l’ordre, parlons-en. Comment peut-on laisser une situation se dégénérer  de la sorte et comment se fait-il qu’il n’y ait que quatre ou cinq policiers pour rétablir l’ordre dans un stade qui a accueilli près de 2500 personnes (payants) ?
Si ce genre de spectacle effroyable persiste, que l’on se s’étonne pas que notre football ne sorte jamais de l’obscurité et soit toujours au point mort. L’objectif de la Mauritius Football Association (MFA) et de la Mauritius Professionnal Football League (MPFL) est de faire en sorte que les stades se remplissent de nouveau, comme ce fut le cas dans le passé. Mais si c’est pour voir ces choses affligeantes, ses « supporters » devraient nous rendre service et aussi à eux-mêmes en ne faisant pas le déplacement. Je vous assure, ils ne nous manqueront pas. La MFA attend le rapport des arbitres pour décider de la marche à suivre. Une sanction devra impérativement être prise pour palier à ce fléau…